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Transport aérien : Le Gabon instaure une nouvelle taxe passager de 18 000 FCFA

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Voyager vers ou depuis le Gabon coûtera désormais plus cher. Le gouvernement a officiellement instauré une nouvelle redevance passager de 30 dollars américains soit environ 18 000 FCFA, applicable à tous les voyageurs sur les vols internationaux, tant à l’arrivée qu’au départ. Rapportée par EcoMatin, cette décision marque un tournant rigoureux dans la politique tarifaire aéroportuaire du pays.

Publiée au Journal officiel le 19 juin 2026, cette mesure n’est pas une simple formule administrative. Elle vise principalement à financer le déploiement des systèmes de contrôle API/PNR (Advance Passenger Information/Passenger Name Record) et à moderniser globalement la sûreté aéroportuaire. Pour les autorités, s’aligner sur les exigences et les normes internationales en matière de sécurité est devenu une priorité absolue.

Cependant, pour le portefeuille des voyageurs, l’addition s’alourdit. Cette redevance s’ajoute en effet aux frais de sûreté déjà revus à la hausse, lesquels peuvent désormais atteindre 22 000 FCFA sur les trajets internationaux. Une double augmentation qui se répercutera inévitablement sur le prix final des billets d’avion.

Un coup de frein pour l’attractivité nationale ?

L’annonce de cette surtaxe tombe à un moment charnière pour le ciel gabonais. Libreville affiche de grandes ambitions économiques, notamment avec le lancement de la nouvelle compagnie nationale FlyGabon et la volonté affichée de positionner la capitale comme un hub incontournable en Afrique centrale.

Face à ces objectifs, les compagnies aériennes et les professionnels du tourisme ne cachent pas leur inquiétude. Beaucoup redoutent que le Gabon ne perde sa compétitivité face aux plateformes aéroportuaires des pays voisins, qui pourraient s’avérer plus attractives financièrement. Un ralentissement de la demande est ainsi craint, touchant de plein fouet la diaspora ainsi que les voyageurs d’affaires, deux piliers essentiels du trafic local.

Quel équilibre pour le ciel gabonais ?

Alors que d’autres régions du continent, comme l’espace CEDEAO, optent parfois pour une baisse importante des taxes afin de stimuler le transport aérien, le Gabon choisit une trajectoire différente, axée sur le financement souverain de sa sécurité.

Toute la question est désormais de savoir si Libreville parviendra à trouver un juste milieu. Trouver le point d’équilibre entre l’impératif non négociable de la sûreté nationale et la nécessité de préserver l’attractivité économique du transport aérien gabonais sera le grand défi des prochains mois.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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