Libreville : un différend foncier vire au drame à Batterie-IV

À Libreville, un litige foncier aurait coûté la vie à Jérôme Désiré Itoka, samedi dernier, dans la zone de Batterie-IV, au lieu-dit « Venise » dans le premier arrondissement de Libreville. Selon L’Union du 6 juillet 2026, le quinquagénaire, engagé dans un différend avec un ressortissant libanais, serait décédé des suites d’une hémorragie après avoir été interpellé et violenté par des agents des forces de l’ordre. Une affaire explosive qui relance le débat sur les conflits fonciers, les abus présumés et la protection des nationaux face aux réseaux de spoliation.
Au Gabon, le foncier est devenu une poudrière. Derrière les actes de propriété contestés, les occupations anciennes et les titres parfois surgis de nulle part, des familles entières vivent désormais avec la peur d’être dépossédées d’un bien qu’elles occupent parfois depuis plusieurs décennies.
Le drame survenu à Batterie-IV vient rappeler, avec brutalité, la gravité de cette situation. D’après L’Union, Jérôme Désiré Itoka aurait perdu la vie dans le cadre d’un différend foncier l’opposant à un ressortissant libanais. Le terrain querellé serait occupé par la famille Jean-Claude Alloye depuis le début des années 1970.
Des vidéos virales et des accusations lourdes
Selon le quotidien, « de nombreuses vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux » rapportent que la victime aurait « reçu des coups au niveau de la tête » de la part d’agents des forces de l’ordre saisis par la partie adverse.
D’autres sources citées par L’Union indiquent que les agents l’auraient interpellé puis molesté, avant de le relâcher « complètement amoché ». L’homme, âgé d’une cinquantaine d’années, serait décédé des suites d’une hémorragie. Si ces accusations doivent encore être confirmées par une enquête officielle, leur gravité impose une réaction claire des autorités compétentes.
Le foncier, ce poison social qui menace la paix civile
Cette affaire ne surgit pas dans le vide. L’Union rappelle d’autres dossiers fonciers sensibles impliquant des ressortissants libanais, notamment la destruction de l’école de Lalala en décembre 2020, la tentative de spoliation dénoncée par Pacôme Itsana en 2022, ou encore le cas de Guy Oscar Ngoua Mba en 2025. Le point commun de ces affaires est inquiétant : des nationaux qui disent se retrouver seuls face à des intérêts puissants, parfois appuyés par des procédures opaques ou des interventions musclées.
À Batterie-IV, il ne s’agit plus seulement d’un litige de terrain. Il s’agit désormais d’une mort d’homme. Le gouvernement, le parquet et la hiérarchie des forces de l’ordre doivent donc établir les responsabilités. Qui a ordonné l’intervention ? Dans quel cadre légal ? Pourquoi un différend foncier a-t-il nécessité une action ayant conduit à une telle issue ? Dans un État de droit, un conflit de propriété se règle devant les juridictions, pas sous les coups. Et lorsque le foncier commence à tuer, le silence des autorités devient lui-même un danger public.









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