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Port-Gentil : l’inquiétante hausse des malades mentaux en déshérence dans les rues

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Dans la capitale économique, Port-Gentil, comme dans le reste de la province de l’Ogooué-Maritime, le nombre de personnes souffrant de troubles psychiatriques en liberté ne cesse de croître. Selon les observations rapportées par le média local Ogooué Maritime Infos (OMI), ces profils vulnérables font désormais partie du décor quotidien, déambulant près des commerces et sur les grands axes, posant un véritable défi de sécurité et de santé publique.

Derrière chaque silhouette errante se cache souvent un drame intime : celui du désengagement familial. De nombreuses familles choisissent de baisser les bras dès les premiers signes de démence, bien avant que la maladie n’atteigne un stade critique.

Interrogé par OMI, Albert Mounguengui, résident du quartier Balise, n’a pas manqué d’exprimer son indignation. « Ces malades mentaux qui arpentent nos rues ne sont pas nés de nulle part, ils ont des familles qui les ont délaissés. C’est une situation profondément triste. Que devient notre humanité et la solidarité familiale face à de tels drames ? », a-t-il indiqué. 

Une menace physique et psychologique

Cette présence non prise en charge est loin d’être anodine pour les riverains, qui naviguent désormais entre peur et insécurité. Les risques sont d’abord physiques, comme en témoigne Pierre Édinga dans les colonnes d’OMI. Ce dernier raconte avoir été violemment agressé par surprise, en plein dos, par un malade mental alors qu’il marchait près des feux du Printemps.

Au-delà des agressions physiques, le préjudice est également psychologique. L’imprévisibilité de ces personnes installe une psychose latente chez les passants. De plus, la nudité de certains malades heurte régulièrement la sensibilité du public, en particulier celle des enfants, exposés malgré eux à des scènes dégradantes.

L’urgence d’une structure spécialisée

Face à cette crise, les regards se tournent vers l’État. Il y a quelques années, une délégation ministérielle avait pourtant fait le déplacement à Port-Gentil pour identifier un site susceptible d’accueillir un centre psychiatrique. Depuis ? Un silence radio total, regrette OMI.

Alors que le pays prône la restauration de la dignité de ses citoyens, la construction d’un hôpital psychiatrique moderne dans la province ne relève plus de l’optionnel. C’est désormais un impératif absolu pour soigner ces malades oubliés et sécuriser la population.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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