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Souveraineté maritime : le Gabon rompt son contrat avec Intershipping Services LLC

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Dans une volonté affirmée de reprendre en main la gestion de son patrimoine maritime, le gouvernement a franchi une étape décisive lors du Conseil des ministres de ce jeudi 30 avril 2026. Sous la présidence du Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, les autorités ont acté la résiliation immédiate de l’accord liant la République gabonaise à la société Intershipping Services LLC.

Cette mesure de rupture, portée par le Ministre d’État chargé des Transports et de la Marine Marchande, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, ne relève pas d’un simple ajustement administratif. Elle fait suite à une série de « manquements constatés » de la part du partenaire privé. Selon les termes du communiqué final, la société Intershipping Services LLC n’aurait pas honoré ses obligations contractuelles, une situation devenue intenable pour Libreville.

Le gouvernement souligne que ces défaillances ont gravement compromis le bon fonctionnement du registre, portant une atteinte directe aux intérêts stratégiques et financiers de l’État. En mettant fin à cette collaboration, le Gabon affiche sa détermination à assainir le secteur de la marine marchande et à garantir une gestion transparente et rigoureuse de ses actifs maritimes.

Vers une nouvelle gestion du pavillon gabonais

Cette résiliation ouvre désormais la voie à une réorganisation profonde du système d’immatriculation des navires. Pour les autorités, l’enjeu est double : restaurer la crédibilité du pavillon gabonais sur la scène internationale et s’assurer que les retombées économiques de cette activité profitent prioritairement au Trésor public.

Zoom : Qu’est-ce que le Registre international des navires ?

Le registre international des navires est une base de données officielle où sont immatriculés les navires de commerce battant pavillon d’un pays. Pour un État, ce registre est un outil de souveraineté et une source de revenus via les taxes d’immatriculation.

Lorsqu’il est géré de manière « internationale », il permet à des armateurs étrangers d’enregistrer leurs bateaux sous les couleurs du pays (ici le Gabon), à condition de respecter les normes de sécurité et de droit maritime international. Une gestion défaillante de ce registre peut entraîner des sanctions internationales ou ternir la réputation diplomatique du pays si les navires immatriculés ne respectent pas les conventions environnementales ou sociales.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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