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Gabon : la tenue africaine désormais obligatoire chaque vendredi dans l’administration

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Le Conseil des ministres du 30 avril a officialisé le port obligatoire de la tenue africaine tous les vendredis. Selon le communiqué final, cette mesure a pour objectif de célébrer le patrimoine vestimentaire et culturel du Gabon.

C’est sous la présidence du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, que le Conseil des ministres a adopté ce projet de décret instituant le port obligatoire de la tenue africaine au sein des institutions publiques. Pris en application de l’article 95 de la Constitution, ce texte vise à renforcer la fierté nationale et à valoriser le savoir-faire des artisans locaux.

Codes vestimentaires et agents concernés

Désormais, chaque vendredi sera placé sous le signe de l’identité culturelle. Tous les agents de l’État devront se présenter vêtus d’une tenue africaine. Le texte, très précis, définit les codes vestimentaires autorisés pour garantir une certaine homogénéité au sein des services publics : Pour les hommes : chemise et pantalon en pagne (sans cravate), boubou long, ou ensemble en pagne, raphia ou wax. Tandis que pour les femmes elles devront arborer une grande robe brodée, ou ensemble pagne et corsage d’apparat avec foulard.

A noter que les forces de défense et de sécurité, ainsi que les corps spécifiques soumis à un uniforme réglementaire, ne sont pas concernés par cette mesure.

Suivi et impact de la mesure

Afin d’assurer le respect strict de cette nouvelle disposition, la responsabilité du contrôle incombe directement à la hiérarchie. « Les chefs de service, directeurs et directeurs généraux devront veiller à l’application du décret au sein de leurs départements respectifs », indique le communiqué final.

Cette initiative est saluée par de nombreux observateurs comme un symbole fort de décolonisation des mentalités et de soutien à l’artisanat local. En intégrant le pagne et les motifs traditionnels dans le quotidien des bureaux, Libreville réaffirme son attachement à ses racines tout en offrant une impulsion économique directe aux producteurs locaux.

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Un commentaire

  1. Critique analytique : quand la gouvernance confond rigueur et gesticulation
    (par Mystique l’entité)

    Le communiqué présenté se veut solennel, lucide et déterminé. Pourtant, à la lecture attentive, il révèle un malaise profond : un pouvoir qui parle de transformation mais s’entoure de réflexes archaïques, qui réclame des résultats mais produit des symboles, qui exige de la rigueur mais s’enferme dans des annonces sans colonne vertébrale.

    Ce discours n’est pas seulement incohérent : il expose une gouvernance qui manque de têtes pensantes, et qui compense ce manque par des proclamations théâtrales.

    1. Un “bilan sans complaisance” qui évite soigneusement les faits

    Le discours prétend dresser un bilan honnête. Pourtant:
    – aucune donnée, aucun indicateur, aucun résultat mesurable
    – des “avancées” décrites en termes vagues : “architecture institutionnelle”, “crédibilité internationale”, “souveraineté économique”
    – un aveu implicite : rien n’a changé pour la population

    Un bilan sans chiffres, c’est un discours.
    Un discours sans preuves, c’est une posture.
    Une posture répétée, c’est une fuite en avant.

    2. La menace de remaniement : un refrain qui ne produit plus d’effet

    Le texte martèle la “tolérance zéro”, la rigueur, la fin de la complaisance. Mais :

    – ces menaces sont répétées depuis des mois
    – aucune sanction publique n’a été prise contre l’inefficacité
    – aucune réforme structurelle n’est annoncée pour rendre l’administration réellement performante
    – la fin du cumul des fonctions est présentée comme une révolution… alors que c’est déjà une règle de bonne gouvernance depuis longtemps

    On ne réforme pas un système en répétant les mêmes admonestations.
    On le réforme en changeant les méthodes, pas en changeant le ton.

    3. L’Iboga : une ambition proclamée sans stratégie réelle

    Déclarer l’Iboga “patrimoine stratégique national” pourrait être une décision forte. Mais :

    – aucune capacité de contrôle de la filière n’est démontrée
    – aucun plan industriel n’est présenté
    – aucune infrastructure scientifique n’est mentionnée
    – la création d’un “Fonds souverain” pour une filière encore embryonnaire frôle l’absurde

    Créer un fonds avant de créer une industrie, c’est mettre un toit sur une maison sans murs.

    4. Le Transgabonais : présenter une dette comme une victoire

    Le texte se félicite d’un financement de 203 millions d’euros. Mais :

    – il s’agit d’un emprunt, donc d’un endettement supplémentaire
    – aucune information sur les conditions du prêt
    – aucune garantie sur la capacité d’exécution
    – la modernisation du Transgabonais est annoncée depuis plus d’une décennie

    On ne peut pas appeler “avancée” ce qui est en réalité une charge financière future.

    5. La tenue africaine obligatoire : le symbole qui masque le vide

    Imposer une tenue africaine le vendredi :

    – n’améliore ni l’emploi, ni le pouvoir d’achat, ni la gouvernance
    – détourne l’attention des urgences réelles
    – donne l’impression d’un pouvoir préoccupé par l’apparence plutôt que par l’efficacité

    C’est une mesure cosmétique, presque folklorique, qui n’a rien à faire dans un Conseil censé traiter des priorités nationales.

    Conclusion : la gouvernance n’a pas besoin de choristes, mais de stratèges

    Ce texte révèlerait ainsi une gouvernance qui :

    – parle beaucoup mais démontre peu,
    – multiplie les symboles mais évite les réformes,
    – répète les mêmes slogans sans produire de résultats,
    – confond communication et transformation.

    Le pays n’a pas besoin de proclamations, ni de rituels, ni de slogans. Il a besoin de têtes pensantes, de planificateurs, de techniciens, de stratèges, de gens capables de transformer des intentions en politiques publiques.

    Tant que la gouvernance s’entourera de chœurs d’approbation plutôt que de cerveaux capables de penser, anticiper et exécuter, les Conseils des ministres resteront des cérémonies, pas des instruments de progrès !

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