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SEEG : réussir ou ouvrir la voie à une nouvelle privatisation ?

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Alors que les coupures d’eau et d’électricité continuent d’alimenter le mécontentement populaire, le débat sur l’avenir de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) revient avec insistance. Faut-il privatiser davantage le secteur ou donner une nouvelle chance aux compétences nationales ? Pour de nombreux observateurs, la réponse dépend désormais de la capacité des techniciens et dirigeants de la SEEG à démontrer que la souveraineté énergétique défendue par les autorités peut produire des résultats concrets.

Lors de son discours sur l’état de la Nation du 15 juin 2026, le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema a adressé un message particulièrement ferme aux acteurs impliqués dans les dysfonctionnements du secteur de l’eau et de l’électricité. Sans citer directement des responsables, le chef de l’État a dénoncé des comportements qui compromettent les efforts financiers consentis par la puissance publique.

« Je tiens à mettre en garde toutes ces sociétés de récupération de rebus ferreux qui achètent auprès de ces jeunes des câbles électriques volés sans jamais les dénoncer à la justice », a-t-il déclaré, pointant du doigt un système parallèle qui prospère sur les difficultés des populations.

Assala, la preuve que les Gabonais peuvent réussir

Le paradoxe est que le Gabon dispose déjà d’exemples démontrant que la maîtrise nationale de secteurs stratégiques peut être une réussite. Dans le pétrole notamment, les ingénieurs gabonais ont progressivement prouvé leur savoir-faire. Chez Assala Energy, les performances opérationnelles ont été maintenues et même améliorées sur plusieurs actifs. Malgré les craintes initiales, la production n’a pas connu l’effondrement annoncé par certains observateurs.

Cette réussite nourrit aujourd’hui un discours de souveraineté économique porté par les autorités. Elle démontre que lorsque les intérêts de l’entreprise et ceux de la nation convergent, les compétences locales sont capables de relever les défis les plus complexes.

La SEEG face au défi de la crédibilité

La situation apparaît cependant différente à la SEEG. Depuis le départ de Veolia et la reprise en main nationale, les attentes étaient immenses. Les Gabonais espéraient une amélioration durable de la qualité du service et une meilleure prise en compte des réalités locales.

Pourtant, les coupures récurrentes, les pénuries d’eau et les soupçons de sabotage continuent de fragiliser la confiance des usagers. Plus inquiétant encore, plusieurs observateurs dénoncent l’émergence d’activités parallèles qui prospéreraient sur les défaillances du service public. La vente d’eau par camions-citernes, le trafic de matériels électriques ou encore certaines formes de sous-traitance alimentent l’impression qu’une économie de la pénurie s’est progressivement installée autour de l’entreprise.

Faire la preuve de la souveraineté

Le discours présidentiel apparaît ainsi comme une mise en garde mais aussi comme une ultime chance accordée au modèle actuel. Car derrière les investissements de plusieurs centaines de milliards de francs CFA engagés par l’État, c’est la crédibilité même de la souveraineté énergétique qui est en jeu. Les Gabonais ne réclament ni une gestion publique ni une gestion privée par principe. Ils réclament avant tout de l’eau au robinet et de l’électricité dans leurs foyers.

Si l’option de la privatisation doit être écartée, les techniciens, ingénieurs et responsables de la SEEG devront désormais faire la démonstration que les compétences nationales sont capables de produire les mêmes résultats que ceux observés dans d’autres secteurs stratégiques comme le pétrole. À défaut, le débat sur l’ouverture accrue du capital et sur une nouvelle restructuration du secteur pourrait rapidement revenir au centre des discussions. Car au-delà des discours, la souveraineté se mesure d’abord à la qualité du service rendu aux citoyens.

Morel Mondjo Mouega

Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lancement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Rédacteur en chef

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