Secteur minier : le Gabon veut doubler la participation de l’État à 20 %
Dans un paysage minier africain en pleine mutation, où les nations cherchent légitimement à rééquilibrer le partage de la valeur, Libreville accélère le pas. Entre valorisation industrielle locale et interdiction future des exportations brutes, le Gabon affine sa doctrine stratégique pour sortir du statut de simple fournisseur de matières premières.
Selon des informations rendues publiques le mardi 3 novembre 2026, l’État gabonais s’apprête à porter sa participation gratuite et obligatoire dans les projets miniers à 20 %, contre 10 % actuellement. Cette revalorisation majeure, intégrée dans le cadre de la révision globale du Code minier, a été formellement confirmée par le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema.
Jusqu’à présent, l’article 7 du texte adopté en 2019 garantissait au gouvernement une quote-part systématique de 10 %, non diluable et libre de toute charge, assortie d’une option facultative d’achat de 25 % supplémentaires à titre onéreux. S’exprimant dans la presse locale, le ministre a ouvertement qualifié l’ancien barème de « taux digne d’un pillage ». La nouvelle mesure s’appliquera sans distinction à l’ensemble des richesses du sous-sol national : manganèse, fer, or, potasse ou encore terres rares.
Transformation locale et ambition macroéconomique
Attendu dès la semaine prochaine, le nouveau cadre normatif s’inscrit dans une feuille de route offensive. Libreville ambitionne de faire grimper la contribution du secteur minier au produit intérieur brut de 6 % actuellement à plus de 15 %.
Pour orchestrer ce saut quantitatif, le pouvoir exécutif mise sur l’ouverture de huit nouvelles exploitations d’ici 2030, couplée à l’obligation progressive de raffiner les minerais sur le sol national. Dès 2029, l’exportation de brut, notamment pour le manganèse, sera proscrite afin de stimuler le tissu industriel local et de générer de l’emploi qualifié.
L’attentisme des investisseurs internationaux
Deuxième producteur mondial de manganèse avec la présence historique du groupe français Eramet, le Gabon attire également des géants mondiaux sur d’autres segments stratégiques, à l’image du géant australien Fortescue sur le gisement de fer de Belinga ou de Millennial Potash sur le projet Banio.
Si la volonté de réorganiser la souveraineté économique suscite l’adhésion nationale, la réaction des majors étrangères demeure l’inconnue majeure de cette équation. Les modalités exactes d’application du texte final détermineront la capacité du pays à préserver son attractivité tout en concrétisant ses ambitions souveraines.








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