PNCD 2026-2030 : le patronat pose ses conditions pour mobiliser les 18 000 milliards de FCFA attendus du secteur privé

Réuni à Libreville dans le cadre de la deuxième édition du Gabon Economic Forum (GEF), le patronat gabonais a réaffirmé sa volonté d’accompagner la mise en œuvre du Plan national de croissance et de développement (PNCD 2026-2030). Mais les entreprises préviennent : la mobilisation des 18 000 milliards de FCFA d’investissements privés attendus ne sera possible qu’au prix de réformes structurelles destinées à restaurer la confiance et améliorer durablement le climat des affaires.
Le financement du PNCD 2026-2030 s’impose désormais comme l’un des principaux défis économiques du Gabon. Sur les quelque 27 000 milliards de FCFA nécessaires à la mise en œuvre de cette stratégie de développement, près des deux tiers devront provenir du secteur privé. Une ambition qui place les entreprises au cœur de la transformation économique voulue par les autorités, mais qui suppose, selon les acteurs économiques, un environnement plus favorable à l’investissement.
18 000 milliards de FCFA : un défi de confiance avant tout
Au Gabon Economic Forum, organisé le 27 juin dernier par la Fédération des Entreprises du Gabon (FEG), les opérateurs économiques ont insisté sur la nécessité d’élargir les sources de financement en mobilisant simultanément les investisseurs nationaux, les capitaux internationaux ainsi que l’épargne de la diaspora gabonaise.
Pour le secteur privé, l’objectif est atteignable, à condition que les réformes engagées par les pouvoirs publics s’accompagnent de garanties fortes en matière de sécurité juridique, de visibilité économique et de stabilité des règles applicables aux entreprises.
Au-delà des ressources financières, les participants ont souligné que la confiance constitue désormais le principal levier de mobilisation des capitaux indispensables à la réussite du PNCD.
Dette intérieure, délais de paiement et fiscalité au cœur des attentes
Le patronat identifie toutefois plusieurs préalables jugés incontournables. Le premier concerne l’apurement de la dette intérieure de l’État envers les entreprises, évaluée à plus de 4 340 milliards de FCFA à la fin de l’année 2025. Ce passif continue de fragiliser la trésorerie de nombreuses sociétés et réduit leur capacité à investir, à recruter ou à accéder au financement bancaire.
Autre revendication majeure : l’application effective d’un délai maximal de 90 jours pour le règlement des marchés publics. Les entreprises estiment que le respect de cette échéance contribuerait à fluidifier leur trésorerie et à restaurer la confiance dans les relations avec l’État.
Enfin, les chefs d’entreprise plaident pour une stabilité fiscale pluriannuelle, indispensable selon eux pour sécuriser les investissements de long terme. À travers ces propositions, le secteur privé affirme sa disponibilité à contribuer au financement du PNCD, tout en rappelant que l’atteinte de cet objectif passe avant tout par un cadre économique prévisible, crédible et favorable à l’investissement.









GMT TV