Mouila : l’impuissance des autorités face au règne du tapage nocturne

À Mouila, les nuits sont devenues un véritable calvaire pour de nombreux habitants. Bars, débits de boissons et établissements de loisirs diffusent de la musique à un volume assourdissant jusque tard dans la nuit, sans qu’aucune mesure visible ne soit prise pour faire respecter la tranquillité publique. Face à ce phénomène devenu chronique dans les deux arrondissements de la commune, l’inaction des autorités locales interroge. Le ministère de l’Intérieur est désormais appelé à reprendre la main.
À la tombée de la nuit, Mouila change de visage. La capitale provinciale de la Ngounié semble se transformer progressivement en un immense bar à ciel ouvert où les décibels prennent le pas sur le droit au repos. Dans les quartiers résidentiels comme le long des principales artères, mais aussi dans les rues secondaires, les nuisances sonores rythment désormais le quotidien des populations.
Le phénomène n’est plus marginal. Il est devenu récurrent, généralisé et touche aussi bien le 1er arrondissement, de Dourouni à Motoboko, en passant par Diouronda, Moutsanou-Pindza ou Mandji-Assango, que le 2e arrondissement, notamment à Dikongo, Bavanga, Mangui, Didjanou, Boulevard Matamba, Baleka ou encore Pambou.
Le silence des autorités devient assourdissant
Ce qui choque désormais les habitants n’est plus seulement le bruit. C’est surtout l’impression que plus personne ne semble vouloir faire respecter les règles. Le maire, premier magistrat de la commune, paraît assister impuissant à cette dégradation de la qualité de vie sans qu’aucune campagne de contrôle ou de sensibilisation ne soit perceptible. Pourtant, la tranquillité publique relève directement des responsabilités municipales.
Du côté des forces de sécurité et de la justice, le constat est tout aussi préoccupant. Malgré les plaintes récurrentes des riverains, les établissements concernés poursuivent leurs activités sans véritable contrainte. Là où la loi prévoit pourtant des sanctions contre les auteurs de nuisances sonores, les infractions semblent s’être banalisées. Quant au gouverneur de la province, représentant de l’État, son silence face à une situation devenue quasi permanente suscite également des interrogations.
Quand le droit au repos devient une exception
Le bruit n’est plus cantonné aux espaces festifs. Il s’invite désormais jusque dans les quartiers résidentiels, où les habitants peinent à dormir, à étudier ou simplement à profiter de leur domicile dans des conditions normales. Cette situation affecte les personnes âgées, les malades, les élèves, les travailleurs appelés à se lever tôt ou encore les familles avec de jeunes enfants. Le droit à la tranquillité, pourtant garanti par les règles relatives à l’ordre public, semble progressivement céder devant les intérêts commerciaux de quelques exploitants.
Le plus préoccupant est que cette dérive finit par être perçue comme normale. À force d’inaction, le tapage nocturne s’installe comme une habitude, au risque d’ancrer durablement une culture de l’incivisme.
Le ministère de l’Intérieur doit reprendre la main
Face à l’incapacité apparente des autorités locales à rétablir l’ordre, il appartient désormais au ministère de l’Intérieur de prendre toute la mesure de cette situation. Le respect de la tranquillité publique ne peut dépendre de la seule bonne volonté des exploitants de bars ou des plaintes répétées des riverains. Il suppose des contrôles réguliers, l’application des textes en vigueur, des sanctions lorsque celles-ci s’imposent et une coordination efficace entre la mairie, le gouvernorat, les forces de sécurité et l’autorité judiciaire.
Car derrière cette question de nuisances sonores se joue une problématique plus large : celle de l’autorité de l’État. Une ville où le bruit règne sans limite est aussi une ville où les règles communes finissent par perdre toute leur portée. À Mouila, les habitants ne réclament pas la fermeture des bars ni la fin des activités économiques. Ils demandent simplement que chacun puisse exercer son activité dans le respect de la loi et des droits des autres. Le droit de se divertir ne peut s’exercer au détriment du droit fondamental des citoyens à la sécurité, à la santé et au repos. Il est temps que l’État fasse respecter un équilibre que beaucoup estiment aujourd’hui rompu.










GMT TV