PME : Yves Fernand Manfoumbi appelle le Gabon à passer de l’économie de rente à « l’économie de production »
Dans une tribune publiée sur Facebook ce jeudi 1er octobre 2026, l’ancien ministre du Commerce Yves Fernand Manfoumbi plaide pour une transformation profonde de la politique gabonaise en faveur des petites et moyennes entreprises. Avec trois objectifs chiffrés à l’horizon de cinq ans — 50 000 PME formelles, 500 milliards de FCFA de financements mobilisés et jusqu’à 200 000 emplois directs et indirects — l’ancien directeur général du Budget défend un modèle économique davantage tourné vers la production locale, le financement des entrepreneurs gabonais et l’accès des PME à la commande publique.
Le diagnostic posé par Yves Fernand Manfoumbi est celui d’une économie qui dispose d’importantes ressources mais peine encore à les convertir suffisamment en entreprises nationales, en transformation locale et en emplois. Ancien ministre chargé notamment de l’Agriculture puis du Commerce, il estime que les PME ne devraient plus être appréhendées comme un simple compartiment de l’action administrative. Elles devraient, selon lui, devenir l’un des principaux instruments de diversification de l’économie gabonaise. Une orientation qu’il résume par une formule : « Notre ambition doit être claire : produire davantage, transformer davantage, employer davantage. »
50 000 PME et 500 milliards de FCFA de financements
La principale particularité de cette contribution réside dans les objectifs quantifiés proposés. Yves Fernand Manfoumbi évoque, sur une période de cinq ans, la perspective de 50 000 PME formelles, de 500 milliards de FCFA de financements mobilisés et de 200 000 emplois directs et indirects. Ces chiffres constituent des objectifs proposés par l’ancien ministre et non des prévisions établies à partir d’un programme public déjà financé.
Pour atteindre cette ambition, il préconise notamment de réduire les délais de création des entreprises à 24 heures, de simplifier et digitaliser les procédures administratives et de rendre pleinement opérationnel le guichet unique. Le financement constitue l’autre pilier de son raisonnement, avec la proposition d’un Fonds national de développement des PME capable de mobiliser des ressources conjointement avec les banques et les partenaires au développement.
Faire de la commande publique un débouché pour les PME
L’ancien ministre défend également une utilisation plus volontariste de la commande publique au bénéfice de l’économie nationale. Il propose qu’une part significative des marchés publics soit progressivement réservée aux PME gabonaises et que les produits « Fabriqué au Gabon » occupent davantage de place dans les circuits de distribution. « L’argent public doit davantage faire travailler l’économie nationale plutôt que financer la dépendance aux importations », soutient-il.
Agriculture, agro-industrie, bois, pêche, élevage, numérique, artisanat, services, mines et pétrole : Yves Fernand Manfoumbi propose d’organiser la diversification autour de filières capables d’entraîner chacune des réseaux de PME. Financement, formation, foncier, technologie et accès aux marchés devraient ainsi être articulés afin que la transformation locale ne repose plus uniquement sur des mesures sectorielles isolées.
Faire de l’informel une porte d’entrée vers l’entreprise
Autre axe développé : la formalisation du secteur informel. Plutôt que de considérer celui-ci sous le seul angle fiscal, l’ancien ministre y voit un vivier d’entrepreneurs dont le passage vers l’économie formelle devrait être associé à des avantages concrets. « On ne formalise pas durablement par la seule contrainte ; on formalise en rendant la formalisation rentable », estime-t-il.
L’accès au crédit, aux marchés, à la protection sociale, à la formation et aux outils numériques deviendrait ainsi la contrepartie de cette formalisation. L’objectif serait de faire grandir progressivement des entreprises capables de dépasser le seul marché gabonais pour se positionner dans la CEMAC, la CEEAC et, plus largement, dans l’espace commercial ouvert par la ZLECAf.
Des résultats plutôt que des dispositifs administratifs
Yves Fernand Manfoumbi appelle enfin à modifier les indicateurs utilisés pour apprécier l’efficacité des politiques publiques en faveur des PME. Le nombre de textes adoptés ou de réunions organisées devrait, selon lui, céder la place à des critères mesurables : nombre d’entreprises créées et pérennisées, financements accordés, emplois générés, produits fabriqués localement, marchés remportés et exportations réalisées.
La proposition dessine ainsi un État davantage facilitateur que producteur direct, chargé d’organiser l’environnement dans lequel l’entreprise privée peut investir et grandir. Pour l’ancien ministre, la transformation du modèle économique gabonais passera moins par la seule exploitation de ses ressources naturelles que par l’émergence d’un tissu entrepreneurial suffisamment dense pour en capter davantage la valeur. « Il est temps de passer de l’économie de rente à l’économie de production. Il est temps de passer des discours aux résultats. Il est temps de produire gabonais », conclut Yves Fernand Manfoumbi.







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