Gabon : Jean Valentin Leyama dénonce le « procès » fait aux avantages des parlementaires
Les parlementaires gabonais sont-ils réellement trop rémunérés au regard de leurs missions et du niveau de vie du pays ? Dans une tribune publiée dimanche 28 septembre 2026, l’ancien député Jean Valentin Leyama conteste une perception qu’il juge installée depuis plusieurs années dans le débat public. Indemnités, frais de session, fonctionnement des cabinets, anciennes dotations et pensions : l’ancien élu affirme que des dépenses de nature différente ont souvent été additionnées pour présenter le coût individuel d’un parlementaire, sans distinguer rémunération personnelle et moyens liés à l’exercice du mandat. Une argumentation qui relance plus largement la question de la transparence des avantages accordés aux différentes institutions de la République.
« Décidément, les parlementaires sont les mal aimés de la République ! ». Le ton est donné. Dans son texte intitulé « Haro sur les parlementaires ? », Jean Valentin Leyama entreprend de déconstruire ce qu’il considère comme un procès récurrent intenté aux élus nationaux. L’ancien député ne nie pas l’existence d’avantages attachés au mandat. Il conteste plutôt leur présentation comme autant de revenus directement encaissés par les parlementaires et appelle à comparer leur situation avec celle des membres du gouvernement et d’autres institutions. Un débat qui mérite d’autant plus d’être documenté que le Parlement vote la loi, consent l’impôt et contrôle l’action gouvernementale.
1,5 million de FCFA d’indemnité parlementaire selon Leyama
Selon les chiffres avancés par Jean Valentin Leyama, un parlementaire sans fonction particulière au sein de son institution percevait une indemnité mensuelle nette de 1,5 million de FCFA. Il distingue cette rémunération des frais de session, qu’il chiffre à 3,6 millions de FCFA pour quatre mois, à raison de 30 000 FCFA par jour, ainsi que des frais destinés au fonctionnement des cabinets parlementaires, compris selon lui entre 1,2 et 1,5 million de FCFA.
L’ancien député évoque également d’anciens « fonds de souveraineté » de 10 millions de FCFA par an, qu’il présente comme destinés à répondre aux nombreuses sollicitations sociales adressées aux élus dans leurs circonscriptions. D’après son témoignage, certaines de ces rubriques auraient été réduites ou supprimées après le 30 août 2023. Ces différents montants étant avancés par l’auteur de la tribune, ils nécessiteraient d’être confrontés aux textes budgétaires et réglementaires applicables pour établir précisément leur régime actuel.
Le poids des sollicitations sociales invoqué
Jean Valentin Leyama développe surtout un argument rarement intégré dans les calculs strictement budgétaires : celui du rôle social informel assigné aux élus. Dans de nombreuses circonscriptions, affirme-t-il, le député ou le sénateur est sollicité pour les soins médicaux, les obsèques, les frais scolaires, les aides alimentaires ou encore certaines dépenses communautaires. « Le parlementaire est en effet, à lui seul, l’Hôpital, la Pharmacie, la CNAMGS, la maison de pompes funèbres, le père ou la mère de tous les enfants scolarisés, l’assurance-chômage », écrit-il.
Cet argument ne constitue évidemment pas une obligation budgétaire légale du mandat parlementaire. Il met néanmoins en lumière une réalité politique plus large : dans un environnement où les mécanismes de protection sociale restent insuffisants pour une partie de la population, la relation entre élu et électeur peut se transformer en rapport d’assistance financière. Selon Leyama, cette pression conduirait certains parlementaires à l’endettement pour maintenir leur présence sociale dans leurs circonscriptions.
Des comparaisons avec les autres institutions à documenter
L’ancien député appelle surtout à élargir le débat. Il avance notamment des rémunérations comprises entre 2,8 et 3,5 millions de FCFA pour les ministres et évoque différents avantages dont bénéficieraient des responsables ou anciens responsables d’institutions. Il cite également des budgets annuels de fonctionnement proches de 100 millions de FCFA pour certains anciens hauts responsables. Là encore, ces montants sont ceux avancés dans sa tribune et ne peuvent être présentés comme des données établies sans examen des lignes budgétaires correspondantes.
Cette exigence de comparaison prend un relief particulier dans le contexte budgétaire actuel. Le projet de loi de finances rectificative 2026 a ramené les ressources et charges de l’État d’environ 6 358 milliards à 5 495,2 milliards de FCFA, soit une contraction de près de 863 milliards. Dans un tel contexte, la question du coût des institutions et des avantages attachés aux fonctions publiques dépasse nécessairement les seuls parlementaires.
Transparence plutôt que procès des élus
Jean Valentin Leyama affirme enfin qu’après un mandat complet, la pension parlementaire atteindrait 1,1 million de FCFA brut par mois, pour environ 900 000 FCFA nets, après une cotisation retraite correspondant, selon lui, à 10 % de l’indemnité pendant le mandat. Il conteste ainsi l’image d’anciens élus systématiquement privilégiés et décrit, au contraire, certains parlementaires quittant leurs fonctions dans une situation financière difficile.
Au-delà de la défense assumée de ses anciens collègues, sa tribune soulève donc une question qui pourrait être objectivée : combien coûte réellement chaque institution de la République et quelle part de ces dépenses correspond aux rémunérations, aux moyens nécessaires à l’exercice des fonctions, aux avantages individuels et aux régimes accordés aux anciens titulaires ? La loi de finances 2026 fixe les ressources et les charges de l’État, dont le détail est renvoyé à ses annexes budgétaires. Une publication consolidée et comparable de ces données permettrait de déplacer le débat des perceptions vers les chiffres et de déterminer, institution par institution, ce que la République consacre effectivement à ceux qui la représentent.








GMT TV
Erreur 403 : The request cannot be completed because you have exceeded your quota..
Domain code: youtube.quota
Reason code: quotaExceeded
Erreur : aucune vidéo n’a été trouvée.
Assurez-vous qu’il s’agit d’un identifiant de chaine valide et que la chaine a des vidéos disponibles sur youtube.com.