Gabon : faut-il réajuster le prix du gazole et de l’essence ?
La récurrence des pénuries de gazole au Gabon remet en lumière un sujet hautement stratégique : le coût des subventions publiques aux produits pétroliers. Chaque année, l’État gabonais consacre entre 50 et 100 milliards de FCFA pour maintenir artificiellement bas les prix de l’essence, du gazole et du pétrole lampant à la pompe. Dans sa récente analyse, le quotidien L’Union interroge la soutenabilité d’un tel mécanisme et pose une hypothèse concrète : et si le gouvernement augmentait le litre d’essence de 200 FCFA et celui du gazole de 150 FCFA ?
À l’échelle du continent et particulièrement au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac), le Gabon fait figure d’exception en appliquant les tarifs pétroliers les plus bas. Ses voisins, à l’instar de la République centrafricaine, du Cameroun ou de la Guinée équatoriale, ont déjà opéré un réajustement à la hausse pour alléger la pression sur leurs finances publiques.
Si une majoration de 200 FCFA sur l’essence, actuellement vendu à 595 FCFA, et de 150 FCFA sur le gazole vendu à 575 FCFA, venait à s’appliquer, le Gabon s’alignerait enfin sur la moyenne régionale. D’après les informations recueillies par L’Union, cette levée progressive des subventions était initialement envisagée d’ici la fin de l’année 2026, mais elle pourrait s’accélérer face aux impératifs budgétaires actuels.
Cibler l’aide au lieu de subventionner aveuglément
Les institutions internationales, à commencer par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), s’accordent à dire que la subvention généralisée profite davantage aux ménages aisés qu’aux plus vulnérables. En effet, ce mécanisme engloutit près de 1 % du PIB national, restreignant la capacité de l’État à financer d’autres secteurs cruciaux tels que l’éducation, la santé ou le développement des infrastructures.
Plutôt que d’entretenir ce système jugé inéquitable, la recommandation centrale des experts réside dans la mise en place d’un registre social permettant d’identifier précisément les populations modestes pour leur offrir une protection sociale ciblée. Pour les transports publics, des tarifs préférentiels pourraient être maintenus afin de préserver le pouvoir d’achat quotidien des citoyens.
Vers un effort collectif pour assainir les finances publiques
Supprimer ou réduire cette aide étatique entraînera inévitablement une hausse des prix et une baisse mécanique du pouvoir d’achat pour une partie de la population. Étudiants, retraités, chômeurs ou entreprises : l’effort sera partagé par l’ensemble de la société.
Néanmoins, comme le souligne un spécialiste du secteur interrogé par L’Union, mettre un terme à la subvention à la pompe est la clé pour libérer des marges de manœuvre budgétaires indispensables et garantir l’équilibre économique du pays à long terme. La Commission nationale des produits pétroliers (CNPPP) pourrait ainsi trancher prochainement sur les modalités de cette transition inéluctable.








Bjr à tous et à toutes,
C’est trop facile de toujours vouloir copier sur les voisins mais n’oubliez pas que l’on doit copier les meilleurs et non les cancres. Et puis le Gabon est producteur de pétrole depuis plus de 60 ans !!! Est ce que ce prix est justifié ? Quel est la part des taxes sur ces prix ? Le carburant participe au transport des denrées et diverses marchandises..si vous voulez l’inflation des prix : pas de soucis, allez-y ! Au fait posez la question aux donneurs de leçons (FMI et autre BM) pourquoi l’Europe continue avec les subventions agricoles ???
Salutations !