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Gabon : le kilo d’iboga vendu à 1,3 million de FCFA à l’international 

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Jusqu’où peut s’élever la valeur marchande du patrimoine végétal du Gabon ? Dans une récente prise de parole publique sur les réseaux sociaux, l’ancien ministre de l’Environnement, le Professeur Lee White, a apporté un éclairage inédit sur les enjeux financiers de l’iboga. Réagissant à un article du quotidien britannique The Guardian, l’ex-membre du gouvernement rappelle l’ancienneté millénaire de cette racine sacrée au cœur du rite Bwiti, précisant que « des fouilles archéologiques ont permis de dater au carbone l’utilisation de l’iboga avant le Christ ».

Au-delà de la dimension culturelle, la question financière demeure le nerf de la guerre. Lee White révèle avoir autorisé en 2022 la première transaction totalement légale et conforme au Protocole de Nagoya, au bénéfice d’une coopérative villageoise du nord-est du pays.

Cette vente historique a fixé un étalon de référence pour la matière première. « un prix de 2 000 euros par kg d’écorce de racine séchée, avec l’engagement de monter à 6 000 euros », indique-t-il. Convertis en monnaie locale, ces chiffres donnent la mesure du potentiel économique de la plante. Le kilogramme d’iboga a ainsi été négocié à environ 1,31 million de FCFA, avec une projection appelée à atteindre près de 3,93 millions de FCFA le kilo. Une hausse significative destinée à mieux rémunérer le travail des communautés locales.

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La fin de décennies de biopiraterie

Jusqu’à cette première transaction encadrée, l’immense majorité des expéditions se faisait hors de tout cadre légal. L’ancien ministre ne mâche pas ses mots face aux pratiques passées. « Avant cela, tout l’iboga sorti du Gabon […], y compris les graines utilisées pour créer des plantations au Costa Rica, au Brésil, au Cameroun, en Chine […], et l’iboga utilisé pour mener des recherches […] ou pour traiter des toxicomanes dans des centaines de cliniques à travers le monde, a été prélevé illégalement du Gabon », révèle le Pr. Lee White. 

Un retour financier légitime pour le Gabon

L’enjeu médical de l’ibogaïne dépasse aujourd’hui le simple traitement des dépendances pour cibler le stress post-traumatique, les lésions cérébrales ou encore des pathologies neurodégénératives comme Parkinson et Alzheimer. Face à ce marché mondial émergent, le professeur rappelle la dette de la communauté internationale envers les savoirs ancestraux. « Le monde ne connaîtrait pas l’iboga sans les connaissances traditionnelles du peuple gabonais », indique-t-il avant de plaider pour qu’un pourcentage équitable des revenus générés par ces futurs traitements retourne directement à la République gabonaise et à sa population.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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