Gabon : Serge Akassaga critique Ali Bongo, son passé au PDG lui revient en boomerang
La récente prise de parole d’Ali Bongo Ondimba sur l’avenir du Parti démocratique gabonais (PDG) continue de susciter des réactions dans la classe politique gabonaise. Parmi les voix critiques figure Serge William Akassaga, ancien maire de Libreville élu sous les couleurs du PDG, qui s’interroge sur la légitimité de l’ancien président à réclamer aujourd’hui davantage de démocratie interne. Une sortie qui a elle-même provoqué des réactions acerbes de Louis Léandre Ebobola Tsibah et Jean Valentin Leyama, lesquels dénoncent, à travers leurs prises de position, les changements d’allégeance politique et le manque de constance de certains anciens responsables du parti.
La tentative d’Ali Bongo Ondimba de reprendre l’initiative politique au sein du PDG ne laisse manifestement pas indifférents ses anciens compagnons. Depuis son adresse aux militants du 20 octobre 2026, les réactions se multiplient, entre appels au rassemblement, critiques de son bilan et interrogations sur l’avenir de l’ancien parti au pouvoir. Mais les prises de position de ceux qui ont exercé des responsabilités sous la bannière du PDG soulèvent également une autre question. Quelle crédibilité accorder aux critiques formulées aujourd’hui par d’anciens bénéficiaires du système politique qu’ils dénoncent ?
Serge Akassaga interpelle Ali Bongo sur son bilan
Dans une intervention diffusée dans l’émission Ligne rouge de TV+ Afrique, Serge William Akassaga, ancien maire de Libreville issu du PDG, a remis en question la cohérence du discours de l’ancien chef de l’État. « Le retour en politique ne dispense du devoir de bilan », a-t-il affirmé, estimant qu’Ali Bongo Ondimba devait répondre de sa propre gestion du parti avant de proposer sa refondation.
« Lorsqu’il réclame aujourd’hui davantage de dialogue, de renouvellement, de transparence et de démocratie interne au PDG, une question s’impose : pourquoi toutes ces exigences n’ont-elles pas été prioritaires durant les années où il disposait du pouvoir ? », poursuit l’ancien édile. Une interrogation qui porte sur le décalage entre les réformes aujourd’hui défendues par Ali Bongo Ondimba et les pratiques de gouvernance qui ont caractérisé son exercice du pouvoir.
Des critiques qui se retournent contre les anciens responsables du PDG
Cette sortie a également suscité des réactions visant la trajectoire politique de certains anciens cadres du parti. Louis Léandre Ebobola Tsibah a notamment publié une déclaration particulièrement sévère. « Un transhumant sans conviction est un danger. Un irrévérencieux sans retenue est une catastrophe. Celui qui change de parti politique comme on change de chemise finira nu. Well done ! »
De son côté, Jean Valentin Leyama a formulé une mise en garde à l’adresse du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. « Le Président Oligui Nguema doit s’en méfier et les tenir à distance ; il doit du respect aux hommes et femmes de conviction, tous bords confondus ». Ces deux réactions s’inscrivent dans une critique plus large de la transhumance politique.
Entre devoir de bilan et cohérence des engagements politiques
Cette controverse révèle également les contradictions qui accompagnent la recomposition politique gabonaise depuis le 30 août 2023. D’anciens responsables du PDG contestent désormais le bilan ou les orientations de leur ancienne formation, tandis que d’autres leur opposent leur participation passée à un système dont ils se démarquent aujourd’hui.
Pour autant, avoir appartenu au PDG ne saurait, à lui seul, disqualifier toute critique de son ancien fonctionnement. Inversement, une rupture politique ne dispense pas d’expliquer les responsabilités exercées et les positions défendues auparavant. Dans ce débat, deux exigences peuvent donc coexister. Celle d’un bilan de la gouvernance d’Ali Bongo Ondimba et celle d’une clarification des engagements de ses anciens collaborateurs.









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