OMS : près d’un cancer sur huit dans le monde est lié à une infection
Environ 2,3 millions de nouveaux cas de cancer dans le monde, soit près d’un sur huit, seraient liés à des infections, selon une étude publiée mardi 29 septembre 2026 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Les chercheurs de l’institution onusienne ont évalué la proportion de nouveaux cas enregistrés en 2024 attribuables à 12 agents infectieux. Il s’agit principalement de virus, de bactéries et de parasites jouant un rôle déterminant dans l’apparition de certains cancers.
Cinq agents infectieux concentrent la quasi-totalité des cas
La bactérie Helicobacter pylori arrive en tête avec environ 760 000 cas attribuables. Elle est suivie de près par le papillomavirus humain (HPV), associé à quelque 750 000 cas, et par le virus de l’hépatite B, à l’origine de près de 360 000 cas. Le virus d’Epstein-Barr occupe la quatrième place (environ 260 000 cas), devant le virus de l’hépatite C (160 000 cas). À eux seuls, ces cinq agents représentent la quasi-totalité des cancers d’origine infectieuse dans le monde.
« Le paysage des cancers liés aux infections continue d’évoluer à mesure que les connaissances scientifiques progressent », souligne le Dr Gary Clifford, coauteur principal de l’étude, dans un communiqué du CIRC. Ces résultats mettent également en lumière d’importantes disparités géographiques.
L’Asie de l’Est et l’Afrique subsaharienne en première ligne
L’Asie de l’Est concentre à elle seule 42 % des cancers d’origine infectieuse recensés sur le globe, principalement en raison de Helicobacter pylori et du virus de l’hépatite B. De son côté, l’Afrique subsaharienne en regroupe 28,5 %, sous l’effet combiné du papillomavirus humain et du virus associé au sarcome de Kaposi (HHV-8).
Au total, plus des trois quarts de ces cancers sont survenus en 2024 dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Dans ces régions, l’accès inégal à la prévention, au dépistage et aux traitements entretient un fardeau sanitaire particulièrement lourd.
Prévention et recherche : les axes clés
Pour prévenir une large part de ces pathologies, les auteurs rappellent l’efficacité de plusieurs stratégies éprouvées notamment la vaccination ciblée (notamment contre le HPV et l’hépatite B); le dépistage et le traitement précoce en particulier pour H. pylori et les hépatites virales et le renforcement de l’accès aux préservatifs et à la prise en charge du VIH. La mise en œuvre de ces mesures se heurte toutefois à de nombreux obstacles financiers, politiques et logistiques au sein des systèmes de santé locaux.
Face à ces contraintes, le CIRC préconise d’intensifier la recherche scientifique afin de développer de nouveaux outils prophylactiques, notamment la mise au point de vaccins contre le virus d’Epstein-Barr et d’autres agents oncogènes pour lesquels aucune protection efficace n’existe à ce jour.
Heldy Oyono, journaliste stagiaire








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