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OMS : la prééclampsie, un trouble hypertensif à l’origine de nombreux décès maternels

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L’Organisation mondiale de la santé (OMS) révèle qu’en 2023, environ 260 000 femmes sont décédées pendant la grossesse, l’accouchement ou dans les semaines qui ont suivi. Parmi les principales causes de ces décès figure la prééclampsie, une complication de la grossesse qui contribue de manière importante à la morbidité et à la mortalité maternelles et périnatales. Selon l’organisation onusienne, ce trouble hypertensif touche entre 3 % et 8 % des femmes qui accouchent dans le monde.

L’OMS définit la prééclampsie comme une complication de la grossesse caractérisée par une hypertension artérielle qui apparaît généralement après 20 semaines de gestation et qui peut s’accompagner d’une atteinte d’organes, notamment des reins ou du foie. Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque, notamment une première grossesse, une grossesse multiple (jumeaux ou triplés), l’obésité, une hypertension artérielle préexistante, le diabète, une maladie rénale ou encore des antécédents personnels ou familiaux de prééclampsie. En termes de chiffres, les troubles hypertensifs de la grossesse seraient à l’origine d’environ 16 % des décès maternels dans le monde, soit près de 42 000 décès en 2023.

Des signes à reconnaître pour éviter les complications

Les manifestations de la prééclampsie peuvent varier d’une femme à l’autre et, dans certains cas, la maladie peut évoluer sans symptômes évidents. D’où l’importance d’un suivi prénatal régulier permettant notamment de contrôler la tension artérielle et de rechercher une éventuelle présence de protéines dans les urines. Parmi les signes qui doivent alerter figurent une hypertension persistante, de violents maux de tête, des troubles de la vision, des douleurs dans la partie supérieure de l’abdomen, des nausées ou vomissements inhabituels, ainsi qu’un gonflement soudain du visage et des mains. Sans prise en charge appropriée, la prééclampsie peut évoluer vers des complications graves, mettant en danger la mère comme le fœtus.

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Parmi ces complications figurent notamment l’éclampsie, caractérisée par la survenue de convulsions, ainsi que le syndrome HELLP, qui associe une hémolyse, une atteinte hépatique et une diminution du nombre de plaquettes sanguines. La prééclampsie peut également provoquer un décollement placentaire, une naissance prématurée, une restriction de la croissance fœtale, voire entraîner le décès de la mère ou du fœtus. L’OMS estime qu’en 2023, environ 87 % des décès maternels dans le monde, soit près de 225 000 décès, sont survenus en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud. L’Afrique subsaharienne concentrait à elle seule environ 70 % de ces décès, soit près de 182 000, contre environ 17 % en Asie du Sud, soit 43 000 décès.

Prévenir les risques et renforcer la prise en charge

S’il n’existe pas de moyen garanti de prévenir la prééclampsie, certaines mesures permettent toutefois de réduire les risques et d’en limiter les conséquences. L’OMS recommande notamment un suivi prénatal régulier avec contrôle de la tension artérielle, ainsi que l’adoption de mesures favorables à la santé, comme le maintien d’un poids adapté et la pratique d’une activité physique lorsqu’elle est autorisée par le professionnel de santé. Chez les femmes présentant un risque élevé, l’aspirine à faible dose peut être recommandée pendant la grossesse, généralement sur indication médicale et selon le moment approprié du début du traitement.

Une supplémentation en calcium peut également être recommandée dans les populations où l’apport alimentaire en calcium est insuffisant. À ces mesures s’ajoutent la formation des prestataires de santé à la détection et à la prise en charge précoces de la prééclampsie, ainsi que le renforcement des systèmes de santé afin de garantir aux femmes enceintes un accès rapide à des soins adaptés. Des mesures qui méritent d’être davantage vulgarisées au Gabon, où la réduction de la mortalité maternelle demeure un enjeu majeur de santé publique.

Geneviève Dewuno Edou

Diplômée en journalisme,je suis chargée des rubriques Santé en plus d’être l’une des voix derrière de nombreux reportages de GMTtv. L'écriture, la pose de voix, la présentation du Journal télévisé sont les principales tâches que j’exécute et pour lesquelles je mets mes capacités au quotidien au profit de la rédaction de Gabon Media Time.

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