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Moanda : la formation professionnelle comme passerelle vers l’emploi des jeunes grâce Eramet Comilog

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Former aux compétences dont l’industrie a réellement besoin pour améliorer les perspectives d’insertion des jeunes. À travers l’École des Mines et de la Métallurgie de Moanda (E3MG), Eramet Comilog et l’État gabonais ont développé un dispositif de formation directement connecté aux métiers industriels. Selon les données communiquées par l’entreprise, 237 jeunes ont été formés entre les promotions 1 et 8, avec un taux d’insertion professionnelle annoncé de 75 %. Un modèle qui place l’adéquation entre formation et besoins des entreprises au centre de la problématique de l’emploi.

Au Gabon, le débat sur le chômage des jeunes renvoie régulièrement au décalage entre les formations disponibles et les compétences effectivement recherchées par les employeurs. Dans les secteurs industriels, où les métiers nécessitent souvent des qualifications techniques spécifiques, cette inadéquation peut être encore plus prononcée. L’École des Mines et de la Métallurgie de Moanda apporte une réponse construite autour d’une logique différente : partir des besoins du secteur productif pour former des techniciens capables d’intégrer rapidement le marché du travail.

12,5 milliards de FCFA investis dans la formation

L’E3MG est issue d’un partenariat entre l’État gabonais et Eramet Comilog. Le projet représente un investissement annoncé de 12,5 milliards de FCFA et s’inscrit dans un territoire dont l’histoire économique demeure étroitement associée à l’exploitation et à la transformation du manganèse. Son implantation à Moanda permet ainsi de rapprocher géographiquement l’apprentissage technique de l’un des principaux bassins industriels du pays.

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L’intérêt d’un tel dispositif réside dans son articulation avec l’environnement professionnel. Il ne s’agit pas uniquement de délivrer une qualification académique, mais de préparer des jeunes à des métiers correspondant à des besoins identifiés dans l’industrie. Cette proximité entre formation et entreprise permet notamment de confronter les apprenants aux exigences de sécurité, de technicité, de productivité et d’organisation propres aux environnements industriels.

237 jeunes formés et 75 % d’insertion

Entre les promotions 1 et 8, 237 jeunes ont été formés, selon les chiffres mis en avant par Eramet Comilog. Plus significatif encore, l’École affiche un taux d’insertion professionnelle de 75 %. Certaines majors ont par ailleurs intégré directement les installations industrielles de Comilog, donnant une traduction concrète au lien établi entre acquisition des compétences et accès à l’emploi.

Ce taux constitue un indicateur particulièrement intéressant dans le contexte gabonais. Il suggère qu’une formation conçue en relation étroite avec les besoins des employeurs peut réduire la distance entre l’obtention d’un diplôme et l’entrée dans la vie active. Le modèle de l’E3MG repose ainsi sur une équation relativement simple : former moins abstraitement, mais former davantage en fonction des compétences effectivement recherchées par le tissu économique.

Eramet Comilog investit dans son environnement de compétences

Pour Eramet Comilog, l’intérêt dépasse également le cadre de la responsabilité sociétale traditionnelle. Une industrie minière moderne a besoin de techniciens et de professionnels capables de maîtriser des équipements de plus en plus sophistiqués, d’appliquer des normes de sécurité exigeantes et d’accompagner l’évolution technologique des procédés industriels. Investir dans la formation contribue donc simultanément au développement du capital humain gabonais et à la constitution d’un vivier local de compétences.

Cette démarche participe plus largement à l’ancrage territorial de l’entreprise. Après plusieurs décennies d’activité minière à Moanda, la contribution économique d’Eramet Comilog ne se limite plus à l’emploi directement généré par ses installations. La formation permet de transmettre des compétences susceptibles d’être valorisées dans d’autres entreprises et secteurs industriels, donnant à l’investissement éducatif une portée qui peut dépasser les seuls besoins de la compagnie minière.

Un modèle pour rapprocher universités, écoles et entreprises ?

L’expérience de Moanda soulève ainsi une question plus large pour le système de formation gabonais. Dans quelle mesure les établissements d’enseignement supérieur et professionnel pourraient-ils davantage construire leurs cursus avec les secteurs susceptibles de recruter leurs diplômés ? Mines, métallurgie, BTP, énergie, numérique, agriculture ou industrie du bois présentent des besoins spécifiques qui pourraient justifier des passerelles plus étroites entre établissements de formation et entreprises.

Il ne s’agirait pas de réduire l’enseignement supérieur aux seuls besoins immédiats des employeurs, mais de mieux articuler connaissances fondamentales, compétences techniques et perspectives professionnelles. L’E3MG montre, à son échelle, qu’un partenariat entre puissance publique et entreprise peut contribuer à rapprocher ces deux univers.

Transformer la richesse minière en capital humain

L’enjeu est finalement celui de l’héritage laissé par l’exploitation des ressources naturelles. Les réserves minières sont par définition finies ; les compétences acquises par les femmes et les hommes peuvent, elles, continuer à produire de la valeur longtemps après leur formation. Sous cet angle, investir dans le capital humain constitue l’une des formes les plus durables de redistribution de la richesse issue du sous-sol.

Avec 237 jeunes formés et un taux d’insertion annoncé de 75 %, Eramet Comilog dispose d’une première base pour démontrer les effets de cette stratégie. Le défi sera désormais d’accroître le nombre de bénéficiaires, de suivre leur trajectoire professionnelle dans la durée et d’adapter constamment les enseignements aux transformations des métiers industriels. À Moanda, la réussite de l’École des Mines et de la Métallurgie pourrait ainsi se mesurer moins au nombre de diplômes délivrés qu’au nombre de compétences gabonaises durablement installées dans l’économie productive.

Morel Mondjo Mouega

Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lancement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Rédacteur en chef

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