Mbigou-Malinga : quand les discours du Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo à Genève se fracassent sur la réalité du terrain
Pendant qu’à Genève, devant les États membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la ministre gabonaise de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, plaidait le 19 mai 2026 pour une « santé mondiale plus équitable » et mettait en avant les réformes sanitaires du Gabon, sur l’axe Mbigou-Malinga, dans la province de la Ngounié, les populations continuent de faire face à une réalité sanitaire dramatique. Dispensaires sans médicaments, absence d’équipements, enclavement total : le contraste entre le discours officiel et le vécu des populations interroge.
À Genève, le Gabon parlait de « couverture sanitaire universelle », de « financement durable » et de « renforcement des capacités sanitaires ». Mais à près de 6 000 kilomètres de cette tribune internationale, sur les pistes dégradées reliant Mbigou à Malinga, les populations tentent simplement de survivre avec des structures médicales à bout de souffle.
Entre discours diplomatique et abandon des populations
Dans plusieurs villages comme Kambamongo, Dienga, Bolapessa, Baposso, Mbengamamba, Mitsantsa ou encore Moukouagna, les dispensaires existent parfois uniquement de nom. Des infirmiers y travaillent sans médicaments, sans matériel médical adéquat et parfois sans moyens élémentaires de prise en charge. Le paradoxe devient saisissant. Comment défendre à l’étranger l’image d’un système sanitaire en modernisation quand, dans certaines localités du pays, les habitants dépendent encore d’un unique chauffeur routier pour rejoindre un centre hospitalier digne de ce nom ?
Sur l’axe Mbigou-Malinga, de nombreux malades n’ont d’autre choix que d’attendre le passage de « Falcao », seul transporteur régulier reliant encore ces villages enclavés à Mbigou ou à Lebamba, où certains tentent de rejoindre l’hôpital évangélique de Bongolo. « Ce qui m’emmène à le faire c’est parce que je suis un fils du village. Je le fais pour aider les miens. Et je suis conscient que si je ne le fais pas, personne ne le fera », confiait-il récemment. Cette phrase résume à elle seule l’effondrement silencieux des services publics dans plusieurs zones rurales du Gabon.
Un système sanitaire à deux vitesses ?
Au-delà de la communication institutionnelle, c’est désormais la question de l’égalité territoriale qui est posée. Car pendant que Libreville multiplie les annonces de réformes sanitaires, certaines populations vivent encore dans des conditions proches de l’abandon administratif. Sans routes praticables, sans réseau téléphonique fiable, sans médicaments et parfois même sans évacuation sanitaire possible, plusieurs villages de l’axe Mbigou-Malinga donnent l’impression d’avoir été oubliés de la République.
Le ministère de la Santé ne pourra durablement défendre la crédibilité du système sanitaire gabonais sur les scènes internationales sans apporter des réponses concrètes aux réalités vécues dans l’arrière-pays. Car la santé ne se mesure pas seulement dans les discours prononcés à Genève, mais dans la capacité réelle d’un citoyen à se faire soigner dignement, où qu’il vive sur le territoire national.









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