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Mbigou–Malinga : écoles fermées, dispensaires abandonnés, villages désertés… l’axe de l’oubli

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Sur l’axe Mbigou–Malinga, dans la province de la Ngounié, plusieurs villages sombrent progressivement dans l’abandon. Écoles fermées, dispensaires sans médicaments, exode des populations et isolement quasi total : cette portion du territoire gabonais donne aujourd’hui l’image d’une République à deux vitesses où la survie des populations repose désormais sur la débrouillardise locale.

De Kambamongo à Malinga, sur près de 100 kilomètres, les signes de déclin se multiplient. Dans plusieurs localités, les écoles ont purement et simplement cessé de fonctionner faute d’enseignants. C’est notamment le cas à Mambonga, Baposso et Dienga, où les salles de classe sont désormais silencieuses.

Des dispensaires sans soins dans plusieurs villages

Seules quelques écoles continuent encore de fonctionner difficilement grâce à la présence d’enseignants à Kambamongo, Bolapessa, Levinda, Mbengamamba, Leyonga, Mitsantsa, Mbomo, Nzinzi et Moukouama. La situation sanitaire n’est guère plus reluisante. Plusieurs dispensaires disposent certes d’infirmiers, mais sans médicaments ni équipements adaptés pour soigner les populations. À Kambamongo, Dienga, Bolapessa, Baposso, Mambonga, Mbengamamba, Mitsantsa, Mbomo ou encore Moukouagna, les habitants doivent souvent parcourir plusieurs kilomètres pour espérer recevoir des soins appropriés.

Dans cette zone enclavée, un homme symbolise à lui seul la fragile continuité de la vie : Falcao, unique transporteur routier desservant encore l’axe les mardis et samedis. « Ce qui m’emmène à le faire, c’est parce que je suis un fils du village. Je le fais pour aider les miens. Et je suis conscient que si je ne le fais pas, personne ne le fera », confie-t-il.

Un exode silencieux des populations

Pour de nombreux habitants, le constat est amer. « La plupart des gens sont partis du village parce qu’il n’y a pas de moyens de subsistance », poursuit Falcao. Derrière cet abandon progressif, c’est toute la question de l’aménagement du territoire et de l’égalité entre les citoyens qui se pose. Comment parler de développement national lorsque des dizaines de villages vivent pratiquement sans services publics essentiels ?

Face à cette situation alarmante, les populations appellent désormais le gouvernement à réagir urgemment avant que l’axe Mbigou–Malinga ne devienne définitivement un territoire fantôme.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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