Kango : L’état alarmant du pont Medjeingne suscite la peur chez les riverains
À l’heure où la commune de Kango amorce plusieurs chantiers de modernisation, une ombre plane sur la sécurité de ses habitants. Le pont Medjeingne, infrastructure pourtant vitale pour la mobilité urbaine locale, se trouve aujourd’hui dans un état de dégradation critique. Face à l’inertie des pouvoirs publics, l’inquiétude grandit chaque jour un peu plus au sein de la communauté.
Le constat sur le terrain est sans appel. Lors d’une visite sur les lieux effectuée le 4 juillet 2026, une équipe de nos confrères de GabonReview a pu mesurer toute l’ampleur des dommages qui menacent l’édifice. Visuellement, le tableau est particulièrement sombre : les abords du pont présentent un affaissement spectaculaire, souligné par une cavité béante creusée directement sous la chaussée.
Plus inquiétant encore, des fissures profondes lézardent les dalles latérales tandis que les éléments essentiels de soutènement affichent une détérioration avancée. Sous la structure, la terre a littéralement été emportée par les eaux, laissant à nu des pans entiers rongés par une érosion agressive. Le canal de drainage, lui aussi lourdement endommagé, confirme un affaiblissement structurel profond qui ne peut plus être ignoré.
La peur au quotidien pour les usagers
Au-delà des simples dégâts matériels, c’est le péril quotidien encouru par les piétons qui tire la sonnette d’alarme. Pour les riverains, traverser le pont Medjeingne est devenu un acte de bravoure teinté d’angoisse, particulièrement pour les plus jeunes.
Interrogée par GabonReview, une habitante du secteur résume ce sentiment d’insécurité permanent. « On n’est pas en sécurité. Moi, quand je passe sur le pont avec les enfants, je leur demande de marcher au milieu. Ce n’est pas possible. », a-t-il confié. Ce cri du cœur illustre le calvaire des résidents, contraints d’emprunter un axe qui a perdu toutes ses garanties de fiabilité.
Vers des solutions radicales ?
Face à ce péril imminent, le statu quo n’est plus tenable. Pour certains riverains, la situation exige désormais des mesures de choc. L’hypothèse d’une démolition pure et simple de l’ouvrage est évoquée, complétée par l’installation d’une traversée provisoire. Un dispositif qui rappelle le système de bac autrefois utilisé lors des travaux du grand pont de Kango.
Loin d’être un caprice, cette proposition radicale traduit surtout l’urgence de sécuriser les vies humaines. À la place de l’Indépendance, le temps n’est plus aux pansements cosmétiques ni aux promesses de rénovation. Pour que Kango continue de se développer sereinement, la réhabilitation ou la reconstruction totale de ce pont ancien doit impérativement cesser d’être reléguée au second plan.









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