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Liberté de la presse : l’APIC tire la sonnette d’alarme! 

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À l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, l’Association des professionnels de l’information et de la communication du Gabon (APIC Gabon) s’est réunie à Libreville pour dresser un bilan critique de la profession. Entre suspensions numériques et pressions judiciaires, l’association dénonce une « zone de turbulences ».

Réunis dans la capitale, journalistes, communicants et étudiants ont scruté les défis actuels sous le prisme du thème mondial « Façonner un avenir en paix ». Pourtant, pour le président de l’APIC Gabon, Abel Eyeghe Ekoré, l’heure est moins à la célébration qu’à la mise en garde.

Un arsenal législatif et technique contesté

L’association pointe du doigt deux mesures récentes qui menacent l’exercice du métier. D’une part, la suspension indéfinie depuis le 17 février 2026 de plateformes majeures telles que WhatsApp, Facebook, TikTok et YouTube par la Haute Autorité de la Communication (HAC). D’autre part, l’ordonnance n°0011/PR/2026 d’avril dernier, qui impose l’identification des utilisateurs et pénalise le partage de contenus.

L’APIC souligne que ces dispositions exposent les professionnels à des peines allant jusqu’à un an de prison. Si l’organisation ne s’oppose pas à la régulation, elle juge cet ensemble «dangereusement restrictif » et réclame une révision immédiate des textes.

Des visages sur la répression

Au-delà des textes, l’APIC a rappelé le sort d’Harold Leckat, directeur de publication de Gabon Media Time. Arrêté le 15 octobre 2025 à l’aéroport Léon-Mba, il a subi dix-huit jours de détention pour ce que des juristes qualifient de « banal litige commercial ». L’association assure veiller sur ses membres avec une « discrétion » sans faille face à de telles dérives.

IA et précarité : les autres défis

La rencontre a également permis d’aborder les mutations technologiques et sociales notamment la désinformation avec l’exposé de Boursier Tchibinda, spécialiste des médias sociaux, qui a alerté sur les dérives amplifiées par l’intelligence artificielle, exigeant une rigueur accrue dans la vérification des sources. Le professeur Anaclet Ndong Ngoua a, pour sa part, plaidé pour l’instauration de conventions collectives, indispensables pour garantir aux journalistes des « conditions de travail dignes ».

En trois heures d’échanges intenses, les professionnels gabonais ont réaffirmé leur volonté de protéger une liberté de la presse de plus en plus fragile.

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