Port-Gentil : Entre «racket» et concurrence déloyale, la Fégasta menace de paralyser la ville
Réunie en assemblée générale le samedi 2 mai 2026 au siège de la Cosyga, la Fédération gabonaise des syndicats des transports et assimilés (Fégasta) a exprimé son exaspération face à la dégradation des conditions de travail des transporteurs urbains. Pointant du doigt l’inertie de la municipalité de Port-Gentil, le syndicat brandit désormais la menace d’une grève générale, selon des informations rapportées par Gabonactu.
Le climat social se tend dangereusement dans la capitale économique. Malgré une rencontre de cadrage organisée en janvier dernier avec l’édile de la ville, Pascal Houangni Ambouroue, les professionnels du volant estiment que les promesses n’ont pas été suivies d’effets. Au cœur du conflit : une cohabitation devenue impossible avec les transporteurs clandestins, communément appelés « clandos ».
Une concurrence déloyale et des contrôles jugés abusifs
Pour Cédric Nkoghé, président provincial de la Fégasta, le sentiment d’injustice prédomine. Les transporteurs légaux, soumis au paiement régulier des taxes municipales, dénoncent l’impunité dont bénéficieraient les clandestins. « Les taximen se font verbaliser à tout va et pour un rien, contrairement aux clandos qui sont les potes des policiers », a-t-il fustigé lors de l’assemblée.
Outre cette concurrence sauvage, les syndicalistes dénoncent un « racket » organisé et une multiplication des contrôles policiers, jugés oppressants et injustifiés. Rodrigue Mpira, taximan en colère, témoigne de cette pression quotidienne : « On ne peut pas avoir des contrôles du lundi au dimanche et dans tous les quartiers. C’est trop ! »
Un ultimatum de 10 jours lancé à la mairie
Les revendications ne s’arrêtent pas là. La Fégasta exige une révision des obligations imposées par la mairie, notamment concernant le port de la blouse, qu’ils souhaitent voir remplacée par des macarons ou des badges, plus adaptés à leur métier. La gestion des aires de stationnement, l’obligation de la boîte à pharmacie et le récent lancement du collage des numéros de portière, effectué sans concertation préalable, ont fini de mettre le feu aux poudres.
Face à ce qu’elle qualifie de mépris de l’autorité municipale, la Fégasta a décidé de passer à la vitesse supérieure. Un ultimatum de dix jours francs, prenant effet ce lundi 4 mai, a été adressé au maire. « Le maire est celui qui doit interpeller ces agents afin que les choses soient bien faites dans sa ville », rappelle Cédric Nkoghé.
Si aucune solution concrète n’est apportée pour juguler cette crise d’ici l’échéance, les transporteurs préviennent : Port-Gentil connaîtra une paralysie totale de son réseau de transport.









GMT TV