Mairie de Libreville : cinq mois pour venir à bout des épaves jonchant la voie publique
À compter du 15 juillet, la Mairie de Libreville lancera une vaste campagne de retrait des épaves de véhicules abandonnées sur la voie publique. Prévue pour durer cinq mois, cette opération mobilisera les agents municipaux avec l’appui des forces de défense et de sécurité. Annoncée par le maire central, Eugène M’ba, à l’issue d’une réunion stratégique tenue le 10 juillet, elle vise à « améliorer durablement le cadre de vie des populations, renforcer la salubrité urbaine et fluidifier la circulation dans les différents quartiers de la capitale ».
Baptisée « Restauration de l’ordre urbain », cette campagne couvrira l’ensemble des six arrondissements de Libreville. Selon les autorités municipales, les dispositifs opérationnels, logistiques et juridiques nécessaires ont été arrêtés afin d’assurer le bon déroulement des interventions. L’objectif est de libérer les espaces publics occupés par des véhicules hors d’usage, devenus au fil des années des foyers d’insalubrité, des obstacles à la circulation et des sources d’insécurité. La municipalité entend envoyer un signal fort quant à sa volonté de restaurer l’autorité publique et réorganiser l’espace urbain.
Le spectre d’une énième « restauration de l’ordre urbain »
Sur le plan pratique, les véhicules retirés de la voie publique seront acheminés sous escorte des forces de défense et de sécurité vers le site de Betsaida, où ils seront entreposés. La mairie précise que les propriétaires disposeront du délai prévu par la réglementation pour les récupérer. Passé ce délai, les véhicules non réclamés feront l’objet d’une vente aux enchères publiques, conformément aux dispositions légales. Cette campagne ambitionne de rendre les voiries plus accessibles, de faciliter la mobilité des usagers et d’améliorer l’image de la capitale.
Si cette nouvelle opération est globalement accueillie comme une réponse attendue à l’insalubrité grandissante de Libreville, elle suscite également des interrogations. Plusieurs campagnes similaires de « restauration de l’ordre urbain » ont déjà été menées par le passé, sans produire d’effets durables. Pour éviter que les mêmes difficultés ne se reproduisent, l’action municipale devra s’accompagner d’une stratégie de gestion pérenne de l’espace public, incluant un meilleur contrôle de l’occupation des emprises publiques, un suivi régulier des sites libérés et un renforcement des sanctions contre les contrevenants. C’est à cette condition que cette campagne de cinq mois pourra marquer un véritable tournant dans la lutte contre l’occupation anarchique de la voie publique à Libreville.









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