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«Guerre des grades» à l’UOB : Le Pr Daniel Franck Idiata dénonce une crise de légitimité

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Dans une tribune poignante publiée dans le quotidien L’Union ce samedi 8 août 2026, le professeur titulaire Daniel Franck Idiata jette un pavé dans la mare académique. En cause : la récente convocation devant le Conseil de discipline de l’Université Omar Bongo (UOB) de trois enseignants du département des sciences du langage. Leur « faute » ? Avoir sollicité une promotion auprès du Conseil africain franco-arabe pour les grades (Cafag), une association de droit malien, plutôt que du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames).

Face à des accusations d’usurpation de grades universitaires qui pèsent sur ses collègues, le Pr Idiata ne mâche pas ses mots. Il dénonce « l’absurdité de la convocation de ces collègues devant le Conseil de discipline de l’UOB pour un motif aussi burlesque » . Selon l’universitaire, cette affaire révèle un mal bien plus profond. « la guerre des fonctions académiques, symptôme d’une Université gabonaise malade de ses querelles de légitimité, de ses passions bureaucratiques et de ses crispations symboliques  », écrit-il dans sa tribune. 

L’auteur rappelle une distinction conceptuelle fondamentale trop souvent ignorée : le grade universitaire relève du diplôme, tandis que la promotion professionnelle concerne la fonction académique. Plus encore, il souligne que ni le Cames ni le Cafag ne détiennent le pouvoir statutaire de nommer les enseignants. Ces organismes ne livrent que des avis techniques. Au Gabon, rappelle-t-il, la décision finale de promotion ou de reclassement appartient exclusivement à l’État.

Le Cames comme étalon de référence

Pour faire comprendre l’articulation entre ces différentes instances, le chercheur formule une métaphore économique parlante. De même que le franc CFA est la monnaie de référence dans la zone Cémac et impose la conversion de toute devise étrangère, le Cames doit servir d’étalon académique régional. Pour autant, il refuse toute stigmatisation des enseignants affiliés au Cafag : « L’inscription sur la liste d’aptitude du Cames ne confère pas, en elle-même, une supériorité intrinsèque de compétence ou de mérite. », indique le professeur titulaire Daniel Franck Idiata. 

Pour une harmonisation urgente des procédures

En conclusion de sa tribune, Daniel Franck Idiata plaide pour un apaisement constructif et une clarification institutionnelle. Il estime qu’il est « opportun et urgent de rationaliser les actions du Cames et celles d’autres institutions poursuivant des finalités analogues, afin d’harmoniser les procédures de reconnaissance » . Un appel à la raison pour sortir l’enseignement supérieur gabonais de la rigidité bureaucratique et recentrer les débats sur l’évaluation par les pairs et l’excellence académique.

Morel Mondjo Mouega

Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lancement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Rédacteur en chef

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