Gabon : Jean Rémy Yama fustige un système de «double rémunération» pour les fonctions politiques
Le passage de Jean Rémy Yama, président du PNTP, dans l’émission « Le Canapé Rouge » ce lundi 13 avril 2026, a agi comme un véritable coup de pied dans la fourmilière des finances publiques. Avec la franchise qu’on lui connaît, le leader syndical a déconstruit le discours officiel sur la saturation de l’administration pour pointer du doigt ce qu’il considère comme le véritable gouffre financier du pays : la classe politique.
Face aux critiques récurrentes sur le caractère pléthorique de la fonction publique, Jean Rémy Yama oppose un démenti formel. Pour lui, la fonction publique n’est pas surchargée ; elle est mal répartie et inachevée. « On a la possibilité de recruter dans l’éducation et la santé, conformément à ce qui était prévu dans la loi de 2005 », a-t-il rappelé.
Selon le président du PNTP, le retard est tel que la « fonction publique territoriale », mécanisme censé décentraliser la gestion des agents depuis plus de 20 ans, reste une coquille vide. Le manque de fonctionnaires sur le terrain demeure une réalité, malgré les discours de rigueur budgétaire.
La politique, « ascenseur social » et gouffre financier
Concernant la répartition des 800 milliards de francs CFA de la masse salariale globale. l’ancien sénateur de la Transition assène une statistique choc : près de la moitié de cette somme servirait à rémunérer les fonctions politiques. « La politique est devenue une forme d’ascension sociale. C’est là que les gens veulent aller parce que c’est là qu’on gagne le plus », fustige-t-il.
Il va plus loin en dénonçant l’opacité des revenus des dirigeants : au salaire officiel versé par la Solde s’ajouteraient des enveloppes en liquide, inconnues du grand public. Un système de « double rémunération » qui vide les caisses de l’État au détriment des services publics essentiels.
Vers une politique « sacerdoce »
Face à ce constat, le PNTP propose une thérapie de choc : la suppression pure et simple des fonds de souveraineté et des rémunérations exorbitantes liées aux fonctions politiques. L’ambition de Jean Rémy Yama est claire : faire de la politique un sacerdoce et non plus un fonds de commerce. « Il faut être au service des autres, et non venir se servir », a-t-il conclu. Un appel à changer de paradigme qui risque de faire grand bruit dans les chancelleries et les états-majors politiques à l’approche des prochaines échéances.









GMT TV