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Afrique : Le déficit commercial au plus bas depuis dix ans

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Réunies à Brazzaville pour les 61èmes assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), les instances financières se penchent sur l’avenir économique du continent. Le dernier rapport de l’institution, publié à cette occasion, dresse un bilan encourageant : l’écosystème du financement du commerce africain gagne en maturité, même si le chemin reste semé d’embûches.

Bonne nouvelle sur le front des échanges. Le déficit de financement du commerce en Afrique affiche une amélioration notable. Alors qu’il culminait à des sommets inquiétants la décennie précédente, la demande non satisfaite est retombée à moins de 92,1 milliards de dollars soit environ 74 milliards d’euros.

Cette bouffée d’oxygène témoigne d’une montée en compétences des banques locales. Désormais, les institutions financières africaines répondent plus efficacement aux sollicitations des entreprises. Cette dynamique positive s’explique notamment par l’engagement croissant de nouveaux acteurs clés, à l’image des institutions de développement financier.

L’Afrique face aux géants du commerce mondial

Pourtant, le tableau n’est pas totalement idyllique. Le continent peine encore à peser sur la scène internationale, sa part dans les échanges mondiaux de marchandises restant marginale soit 1 352,7 milliards de dollars.

Une lueur d’espoir émerge néanmoins des statistiques. Alors que le déficit mondial de financement du commerce culmine à 2 500 milliards de dollars, la part de l’Afrique n’en représente plus que 3 %. 

Ce chiffre s’aligne désormais presque parfaitement avec sa contribution au commerce mondial, fixée à 2,7 %. Un contraste saisissant avec l’année 2019, époque où le déficit africain surclassait largement son poids commercial.

L’innovation technologique comme moteur de croissance

Pour accélérer cette transformation, l’Afrique mise sur des réformes structurelles audacieuses. Le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), qui fédère déjà 16 banques centrales et plus de 150 banques commerciales, s’impose comme un levier majeur pour briser les barrières tarifaires et optimiser les liquidités.

Pour aller encore plus loin, le déploiement de « PAPSSCARD » marque un tournant historique. Cette solution technologique promet des paiements transfrontaliers instantanés tout en réduisant la dépendance du continent vis-à-vis des circuits financiers internationaux.

Cap sur la ZLECAf : Le chantier reste ouvert

À terme, ces innovations croisées ambitionnent de doper le commerce intra-africain et de propulser la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). L’objectif final est limpide : éradiquer le manque de financements pour faire de l’Afrique un carrefour commercial incontournable.

Toutefois, la vigilance reste de mise. Les experts rappellent que l’accès au crédit demeure un parcours du combattant pour les PME, grandes oubliées des circuits bancaires traditionnels. Si le continent avance résolument dans la bonne direction, le chantier de sa souveraineté commerciale est encore loin d’être achevé.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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