Gabon : Plus de 23 500 vidéos supprimées par TikTok
En marge du Sommet « AI for Good / WSIS » à Genève, le gouvernement gabonais et les dirigeants de TikTok ont accordé leurs violons sur l’épineuse question de la modération des contenus. Cette rencontre de haut niveau entre le ministre de l’Économie numérique, Mark-Alexandre Doumba, et Emir Gelen, directeur régional de la plateforme, intervient quelques mois après le bras de fer de février 2026, qui avait mené à la suspension temporaire des réseaux sociaux dans le pays. Pour le géant du divertissement, l’objectif est clair : prouver sa bonne foi et montrer patte blanche à travers une politique de nettoyage de plus en plus agressive.
Pour désamorcer les critiques sur la prolifération de contenus nuisibles, TikTok n’a pas lésiné sur les chiffres lors de ce bilan du premier trimestre 2026. L’application revendique la suppression de 23 504 publications sensibles sur le territoire gabonais. Parmi ces retraits, on dénombre plus de 17 000 partages à caractère sexualisé et près de 13 000 abus physiques ou sexuels ciblant les mineurs.
Au-delà du volume, c’est la réactivité de la machine qui frappe les esprits. L’intelligence artificielle de la firme semble tourner à plein régime : 99,8 % des contenus illicites ont été balayés avant même la moindre alerte de la part des utilisateurs, et 92,9 % d’entre eux ont disparu avant d’avoir pu être visionnés. En éliminant la grande majorité des infractions en moins de quarante-huit heures et en bannissant définitivement 4 352 comptes, la plateforme tente de démontrer l’efficacité de son arsenal technologique.
S’adapter à la loi pour garantir la sécurité des jeunes
Cette démonstration de force répond à un cadre légal de plus en plus strict au Gabon. Libreville s’est récemment dotée d’une ordonnance encadrant rigoureusement les espaces virtuels, octroyant un délai d’un an à TikTok pour s’aligner sur ses exigences de souveraineté numérique. Le ministre gabonais a profité de ce tête-à-tête pour rappeler que la priorité restait la préservation de la santé mentale de la jeunesse face au cyberharcèlement, à la désinformation et aux discours de haine.
Cette transition vers une surveillance accrue marque un tournant dans la relation entre l’État et la multinationale. En choisissant la voie de la coopération plutôt que celle du blocage systématique, le Gabon expérimente une approche de co-régulation, forçant le géant technologique à assumer pleinement sa responsabilité sociale.









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