Gabon : Ntoutoume Leclercq et Tonangoye boudent-ils leur retour sur les bancs de l’Assemblée nationale ?
Le mardi 3 novembre 2026, le gouvernement Oligui III s’est plié à son tout premier exercice de questions orales devant la représentation nationale. Sous la présidence de Michel Régis Onanga Ndiaye, cette séance solennelle visait à soumettre l’action de l’Exécutif au contrôle rigoureux des députés, dans un climat politique rythmé par de récents remaniements.
Conformément à l’article 82 de la Constitution et à l’article 113 du règlement intérieur du Palais Léon Mba, l’Assemblée consacre au moins une séance mensuelle à l’examen des politiques publiques. Pour ce baptême du feu, sept membres du gouvernement se sont succédé à la tribune afin de répondre aux sollicitations des parlementaires et de clarifier la feuille de route gouvernementale.
Représentant l’Exécutif lors des échanges, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, s’est félicité d’un débat jugé constructif. Soulignant la forte prédominance des préoccupations financières et budgétaires au sein des interrogations parlementaires, le coordonnateur de l’action gouvernementale a réaffirmé la détermination des autorités à apporter des réponses concrètes, en parfaite harmonie avec les orientations données par le Chef de l’État.
Le rappel à l’ordre ferme de la présidence de l’Assemblée
Toutefois, les débats techniques ont rapidement laissé place à une mise en demeure politique d’une grande fermeté. Dans la foulée du remaniement ministériel du 11 octobre, les anciens membres du gouvernement déchus de leur portefeuille sont légalement tenus de regagner leurs bancs au sein de l’hémicycle. Or, lors de l’appel nominatif, seule Armande Longo épouse Moulengui, ex-ministre des Affaires sociales, a formellement répondu présente.
Face à cette désertion constatée, le président de l’Assemblée nationale a fermement recadré les retardataires. S’adressant directement à Hermann Immongault, Michel Régis Onanga Ndiaye a exigé le retour immédiat des élus concernés avant la date butoir du 13 novembre.
Vers une saisine de la Cour constitutionnelle ?
L’avertissement du plateau institutionnel ne relève pas de la simple posture théorique. Si les articles 192 et 193 du Code électoral organisent la réintégration de droit des anciens ministres, l’article 217 autorise le président du Palais Léon Mba à saisir directement la Cour constitutionnelle en cas de carence. Une telle démarche aboutirait à faire constater l’absence prolongée et à investir définitivement les suppléants sur les sièges vacants.
Dans le viseur de cette mesure coercitive figurent notamment plusieurs figures du précédent cabinet, dont Camélia Ntoutoume Leclercq et Philippe Tonangoye. Alors que d’autres membres de l’équipe gouvernementale manquaient également à l’appel pour cause de déplacements officiels, la présidence a d’ores et déjà annoncé la programmation d’une nouvelle session dans les semaines à venir. Le contrôle parlementaire s’intensifie à Libreville, assorti désormais d’un compte à rebours couperet pour les indécis.








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