Gabon : le Synamag dénonce une justice punie mais délaissée par l’État
Le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) a appelé, ce mercredi 2 septembre 2026, l’ensemble des membres de leur corporation à un réveil face aux accusations tous azimuts qui leur sont faites. Dans ledit communiqué, le Président Landry Abaga Essono dresse un constat amer de l’état de la justice gabonaise. Un secteur prisonnier de l’irresponsabilité de l’État qui aurait des effets néfastes sur le rendement des magistrats.
Dans la presse, il ne se passe plus un jour sans que la justice gabonaise soit pointée du doigt. À l’instar d’un esprit saint, les magistrats spécifiquement, sont cloués au pilori pour leurs actions, leurs inactions et même par intentions. Autrement dit, l’enfer dans le mauvais fonctionnement du pays c’est le magistrat. Las de ce discours dégradant, Landry Abaga Essono appelle l’opinion à disséquer leur secteur d’activité avant de porter tout jugement sur leur présumée inefficacité.
Le Synamag appelle à la réserve dans le jugement !
Le Synamag évoque dans son communiqué d’abord le dénuement matériel des juridictions. Selon Landry Abaga Essono, hormis le palais de justice de Libreville récemment rénové, aucun autre bâtiment judiciaire n’a été modernisé. Et ce, malgré une promesse gouvernementale vieille d’un an. Occasion pour le Président dudit syndicat de s’interroger sur les sanctions prononcées le 25 août par le Conseil de discipline.
L’organe chargé de juger les fautes professionnelles des magistrats auraient prononcé, « certaines peines disproportionnées ». Aussi, le Synamag se dit prêt à accompagner les magistrats radiés devant le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative, pour contester ces décisions. Autre grief, le retard du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Seule instance habilitée à décider des affectations et de la carrière des juges. Un rendez-vous prévu pour juillet 2026 puis reporté sine die.
Une situation à incidence directe sur le logement et la scolarité de leurs enfants qui reprennent les cours dans peu. Autre point non négligeable, le défaut d’adoption des textes d’application du statut des magistrats et le manque de sécurité. L’illustration a été faite par une tentative d’immolation au palais de justice de Libreville et un incident à Mouila. Que dire de la gestion opaque des recettes issues du casier judiciaire et du Greffe du commerce.










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