Gabon : le duel économique France-Chine, pivot indéboulonnable des échanges commerciaux
Malgré les ambitions affichées de diversification de ses partenaires économiques, le Gabon demeure prisonnier d’un duopole structurel. Selon une analyse détaillée publiée par SIKA Finance, le commerce extérieur du pays reste ancré autour de deux axes historiques et stratégiques : la Chine et la France. Ce duel d’influence continue de dicter le rythme de la balance commerciale nationale.
La Chine, locomotive des exportations. Au quatrième trimestre 2025, le Gabon a enregistré un repli de 4,1 % de ses exportations globales, s’établissant à 1 422,3 milliards FCFA. Dans ce paysage, la Chine consolide sa position de premier client. Pékin absorbe l’essentiel des matières premières brutes, au premier rang desquelles le pétrole et le manganèse.
La production de manganèse a d’ailleurs bondi de 10,8 % pour atteindre 2,68 millions de tonnes sur le trimestre, trouvant son débouché naturel dans l’industrie sidérurgique chinoise. Cependant, cette dépendance expose le Gabon aux cycles économiques de l’Empire du Milieu. SIKA Finance souligne ainsi que les difficultés du secteur immobilier chinois pèsent déjà sur les exportations de bois débité gabonais.
La France, maître des importations et des services
Si la Chine achète, la France, elle, vend. Paris maintient son leadership sur le segment des importations, qui ont totalisé 785,4 milliards FCFA sur la même période. Le savoir-faire français domine les secteurs à haute valeur ajoutée : biens d’équipement, produits pharmaceutiques et agroalimentaire transformés.
Au-delà des marchandises, l’influence française est particulièrement marquée dans le secteur tertiaire. L’ingénierie et les assurances restent des chasses gardées où l’expertise française fait office de référence pour les grands chantiers d’infrastructures du pays.
Un équilibre monétaire fragile
L’équilibre de la masse monétaire gabonaise, évaluée à 3 452,1 milliards FCFA, repose directement sur ce binôme. Le rapatriement des recettes d’exportation de pétrole, dont la production est remontée à 18,7 millions de barils ce trimestre, dépend de la fluidité des échanges avec ces deux hubs.
En conclusion, l’économie gabonaise navigue entre deux pôles : un pôle asiatique qui alimente la croissance par la demande de ressources primaires, et un pôle européen qui structure la consommation et l’investissement technique. Pour Libreville, le défi reste de transformer cette dépendance duale en un levier d’industrialisation locale, afin de ne plus subir les soubresauts de ces deux géants.









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