Douigny : enclavement total de Mandilou, populations en exode et autorités absentes
Selon l’Agence Gabonaise de Presse (AGP), le centre de regroupement de Mandilou, situé à une vingtaine de kilomètres de Moabi dans la province de la Nyanga, est coupé du reste du pays depuis plusieurs années. En cause : la dégradation avancée de la route Pela et la destruction des ponts, entraînant un exode massif des populations et une paralysie totale de l’administration locale.
C’est une situation d’isolement extrême que vivent les populations de Mandilou et des villages environnants dans le département de la Douigny. D’après un constat de l’Agence Gabonaise de Presse, l’axe routier stratégique reliant ces localités au chef-lieu Moabi est aujourd’hui totalement impraticable, plongeant toute une zone dans une forme de marginalisation territoriale.
Une route détruite, des villages rayés de la carte économique
L’axe du canton Douami-Mouembi, communément appelé route Pela, qui dessert les villages Mandilou, Nguenda, Mabala et Mississa, est désormais hors d’usage. Selon l’AGP, la dégradation progressive de la route, combinée à la destruction de la quasi-totalité des ponts emportés par les eaux, a rendu toute circulation impossible.
Aucun véhicule ne peut plus emprunter cet itinéraire, autrefois vital pour les échanges économiques et sociaux. Cette rupture de connectivité a contraint les habitants à quitter massivement leurs villages pour rallier Moabi, souvent à pied, transportant leurs biens dans des conditions précaires.
Exode des populations et effondrement de l’autorité locale
Les conséquences de cet enclavement vont bien au-delà de la simple difficulté de déplacement. L’AGP rapporte que plusieurs autorités locales ont déserté leurs postes. Le chef de canton ainsi que des chefs de village ont quitté leurs fonctions, faute de conditions minimales pour exercer leurs responsabilités.
« Nous n’avons plus de route. Aucun véhicule ne passe ici depuis des années. Nous sommes abandonnés à nous-mêmes », a confié sous anonymat un chef de village, illustrant le sentiment d’abandon qui prévaut dans ces localités. Cette désertion institutionnelle accentue le vide administratif et fragilise davantage la cohésion sociale dans une zone déjà durement affectée.
Entre isolement et insécurité : le poids du conflit homme-faune
À cette situation critique s’ajoute un autre facteur aggravant : le conflit homme-faune. Toujours selon l’AGP, la présence accrue d’éléphants dans la zone a causé d’importants dégâts matériels, mais également des pertes en vies humaines. « Comme vous le voyez, il n’y a plus personne là-bas. La route est coupée, les ponts ont disparu. Qui peut encore vivre au milieu des éléphants ? », s’est interrogé Serge M., cadre originaire de la localité.
Ce double phénomène enclavement et insécurité liée à la faune, crée un cercle vicieux, rendant toute tentative de retour des populations particulièrement difficile.
Au-delà du cas de Mandilou, cette situation pose avec acuité la question de l’aménagement du territoire et de l’égalité d’accès aux infrastructures de base au Gabon. Elle interpelle surtout sur l’urgence d’une intervention publique pour rétablir la connectivité, condition essentielle à toute relance économique et sociale.









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