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Gabon : « internet verrouillé » mais toujours pas de retour de réseaux sociaux !

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Suspendus sur décision de la Haute autorité de la communication (HAC) le 17 février 2026, les réseaux sociaux ont ensuite été assujettis à la loi spécifique qui devait acter son encadrement. Ce cadre juridique permettrait dès lors la levée des sanctions et le retour de la fluidité numérique avec une épée de Damoclès sur la tête de tous les utilisateurs. Pourtant, il n’en a rien été malgré la promesse du gouvernement via Germain Biahodjow.

Aujourd’hui au Gabon il faut être chanceux d’ avoir accès à WhatsApp via son ordinateur portable. Et ce, que vous ayez un VPN ou non. Excepté les versions payantes de ces outils qui ouvrent la porte à tous les espaces virtuels hors de la restriction gabonaise. Mais une chose est sûre c’est qu’en temps normal depuis 2 mois la connexion internet est agonisante. Le verrouillage juridique intervenu le 26 février dernier semble enfoncer notre pays dans un isolement numérique.

2 mois après, une loi mais les mêmes restrictions !

Voilà deux mois, jour pour jour, que les plateformes Facebook, TikTok ou WhatsApp et Youtube sont officiellement « suspendues ». Deux mois que les promesses de levée progressive, portées par le discours officiel, se sont évaporées dans les méandres de la bureaucratie. Pendant que le débit internet s’étiole de jour en jour, l’exécutif cherche-t-il toujours à protéger l’unité nationale ou finalement à museler une contestation sociale devenue trop bruyante ?

Les lignes du nouveau Code de la nationalité et les lois restrictives qui encadrent l’expression en ligne n’ont pas permis d’apaiser les tensions sociales. Puisque de nombreux Gabonais sont amenés à commenter ces deux textes qui ne manquent pas de faire jaser. Que dire de la qualification désinvolte du rôle des géants du Web de réseaux qui ne serviraient à rien, le ministre de la Communication affiche un mépris sidérant pour la réalité du terrain. 

Doit-on rappeler que l’on vit dans un pays où le chômage des jeunes frise les 40% et que ces plateformes sont parvenues à devenir le gagne-pain de milliers d’auto-entrepreneurs, de commerçants et de créateurs de contenus ? Le cadre légal existe désormais. Alors, pourquoi maintenir ce verrouillage ? Vouloir protéger l’honorabilité des dirigeants et sacrifier l’économie numérique d’une jeunesse déjà précarisée est un calcul dangereux. Gageons que Germain Biahodjow saura se faire porte-voix devant Brice Clotaire Oligui Nguema.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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