Gabon : le CESEC clôture sa session ordinaire de 2026 sur un appel aux réformes sociales et foncières
À l’issue de plusieurs semaines d’auditions et de concertations intenses, le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) a clôturé ce mardi 29 septembre 2026 sa deuxième session ordinaire de 2026. Pour marquer la fin de ces travaux, l’institution républicaine a remis sur la table deux chantiers cruciaux pour la société gabonaise : la réforme du droit foncier coutumier et le redressement du secteur de la santé.
Face au dualisme persistant entre le droit écrit et les traditions locales, le président du CESEC, Guy Bertrand Mapangou, s’est fait le porte-voix d’une réforme majeure. S’exprimant lors de la séance solennelle de clôture, il a martelé l’urgence d’une évolution législative : « Le régime foncier coutumier est un régime que l’on retrouve mondialement et qui est appliqué par les peuples autochtones et les communautés locales tributaires des terres et des ressources. Le Gabon ne peut s’y soustraire encore longtemps. », a-t-il indiqué.
Afin de combler ce vide juridique sans opposer droit positif et coutumes, le CESEC préconise l’intégration du droit traditionnel au sein du code foncier national. L’objectif consiste à sécuriser juridiquement les territoires communautaires, les droits d’usage collectifs, ainsi que les sites sacrés et patrimoniaux, en dissociant clairement le domaine foncier des droits sur la terre.
Urgence sanitaire : financer et produire localement
Le second volet des travaux met en lumière les défaillances d’accès aux soins et la vulnérabilité sanitaire du pays. Le Conseil appelle le gouvernement à un réajustement budgétaire majeur pour atteindre le seuil de 15 % fixé par la Déclaration d’Abuja. L’institution déplore un taux d’exécution effective par le Trésor public plafonnant à 10 %, malgré un engagement théorique affiché à 95 %.
Pour garantir l’autonomie pharmaceutique nationale et éviter les pénuries récurrentes, le CESEC recommande la création de synergies renforcées entre l’usine de Nkok, l’Office pharmaceutique national et l’Agence du médicament. L’institution encourage une prise de participation stratégique de l’État dans le capital de l’usine de Nkok et demande un allègement du reste à charge de la CNAMGS pour préserver les ménages les plus précaires.
Un appel à l’action législative et exécutive
Rappelant la portée des missions confiées à son institution, Guy Bertrand Mapangou a souligné la rigueur de la démarche adoptée tout au long des sessions. « Un avis du CESEC ne saurait être une simple accumulation de constats. Il est le résultat d’une analyse rigoureuse, d’une écoute attentive des acteurs concernés et d’une volonté constante de proposer des solutions réalistes. », a martelé le président du CESEC.
L’assemblée consultative a donc invité l’exécutif et le Parlement à traduire sans délai ces propositions dans l’arsenal législatif, conformément à l’article 149 de la Constitution. Les conseillers se projettent déjà vers les prochaines échéances républicaines, notamment l’examen de la loi de finances initiale 2027.








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