Gabon : le Centre Diagnostic de Libreville et l’Hôpital Américain de Paris s’allient pour développer la chirurgie mini-invasive

Le Centre Diagnostic de Libreville (CDL), en collaboration avec l’Hôpital Américain de Paris, a accueilli ce mardi 2 juin 2026 un colloque consacré aux nouvelles avancées en urologie et en chirurgie mini-invasive. Cette rencontre enrichissante visait à renforcer l’offre de soins spécialisés au Gabon et à favoriser le transfert de compétences vers les professionnels locaux.
Le Gabon pourrait bientôt réduire sa dépendance aux évacuations sanitaires grâce à un partenariat inédit entre le Centre Diagnostic de Libreville et l’Hôpital Américain de Paris. C’est à la faveur d’une rencontre réunissant médecins, chirurgiens et professeurs de médecine que les responsables des deux structures ont présenté les contours d’une coopération axée sur la chirurgie mini-invasive. « Nous sommes très fiers que l’Hôpital Américain ait choisi le Gabon pour installer ce type d’initiative », s’est réjoui le Dr Loyce Olympio Fanguinoveny, président-directeur général du Centre Diagnostic.
Une coopération médicale repensée au profit des patients
Cette première mission a d’ores et déjà permis la prise en charge de patients souffrant de pathologies de la prostate, grâce à des techniques innovantes offrant une récupération plus rapide et un temps d’hospitalisation réduit. Cette approche répond à une nouvelle vision de la coopération médicale, comme l’a souligné le Pr Aurel Messas, chirurgien urologue à l’Hôpital Américain de Paris. « Nous avons compris qu’on ne pouvait plus continuer à penser que l’on rendait service aux populations africaines uniquement en les faisant venir en Europe », a-t-il expliqué.
À travers le projet « Medical Talent », les spécialistes se déplacent désormais avec leur expertise et certains équipements de pointe afin de réaliser sur place des interventions identiques à celles pratiquées dans leur établissement de référence. « Cela évite à plusieurs dizaines de patients de voyager, alors que nous pouvons effectuer de nombreuses opérations en quelques jours », a-t-il ajouté, tout en insistant sur l’importance de s’appuyer sur des partenaires locaux solides.
L’urologie gabonaise face au défi démographique
Invité à dresser un état des lieux de la discipline au niveau national, le professeur agrégé Steevy Ndang Ngou Milama a rappelé les défis structurels auxquels la spécialité est confrontée. « Nous sommes environ quinze urologues pour tout le Gabon, dont treize exercent à Libreville », a-t-il indiqué. Un déséquilibre géographique qui prive la quasi-totalité des provinces d’un accès direct à cette expertise médicale.
Le spécialiste a également insisté sur la nécessité de démocratiser la chirurgie mini-invasive. Si elle représente déjà plus de la moitié des actes pratiqués dans son service au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL), le rythme de son déploiement reste encore en deçà des standards internationaux.
Vers une diversification des spécialités
Au Centre Diagnostic, plus d’une centaine d’interventions de ce type ont déjà été réalisées avec succès, principalement pour des appendicectomies (ablation de l’appendice) et des cholécystectomies (ablation de la vésicule biliaire).
Pour le Dr Loyce Olympio Fanguinoveny, l’urologie n’est qu’une première étape. Le plan de développement prévoit le lancement prochain de programmes similaires en gastro-entérologie ainsi que dans d’autres spécialités chirurgicales, avec un objectif clair : moderniser et autonomiser durablement l’offre de soins au Gabon.









GMT TV