Gabon : le dépistage de la drépanocytose dès la naissance toujours attendu

La drépanocytose demeure un véritable enjeu de santé publique au Gabon. Pourtant, le dépistage systématique des nouveau-nés, considéré comme un outil essentiel pour une prise en charge précoce, n’est toujours pas instauré à l’échelle nationale. Cette absence retarde souvent le diagnostic, alors que les premiers signes de la maladie peuvent apparaître dès les premiers mois de vie. Pour de nombreux spécialistes, une généralisation du dépistage permettrait de réduire les complications et d’améliorer la qualité de vie des enfants atteints.
Également appelée anémie falciforme, la drépanocytose est une maladie héréditaire qui affecte les globules rouges. Ceux-ci prennent une forme anormale, circulent difficilement dans les vaisseaux sanguins et provoquent des crises douloureuses, une anémie chronique, des infections répétées ainsi que des atteintes de plusieurs organes. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 25 % de la population gabonaise est porteuse du gène S, ce qui fait du pays l’un des plus concernés en Afrique centrale.
Un enjeu majeur de santé publique
L’absence d’un dépistage néonatal systématique prive de nombreux enfants d’un diagnostic précoce. Pourtant, identifier la maladie dès la naissance permet d’instaurer rapidement un suivi médical, de prévenir certaines complications grâce à des traitements adaptés et d’accompagner les parents dans la prise en charge de leur enfant. Dans plusieurs pays, cette stratégie a contribué à réduire considérablement la mortalité liée à la drépanocytose chez les jeunes enfants.
Au-delà du dépistage à la naissance, les professionnels de santé insistent également sur l’importance de l’électrophorèse de l’hémoglobine avant la conception d’un enfant. Cet examen permet à chaque futur parent de connaître son statut génétique et d’être informé des risques de transmission de la maladie. L’instauration d’un dépistage néonatal généralisé, accompagnée d’une vaste campagne de sensibilisation, reste aujourd’hui une attente forte des associations de patients et des spécialistes, qui y voient un moyen de mieux prévenir les formes sévères de la drépanocytose et de renforcer durablement la lutte contre cette maladie au Gabon.









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