Gabon : la suspension des réseaux sociaux partie pour rester !
Alors que Mark Alexandre Doumba, ministre de l’économie numérique annonçait le retour des réseaux sociaux pour « Bientôt », son collègue de la communication semble dans un agenda autre. Il va sans dire que le flou entretenu autour du retour des réseaux sociaux au Gabon s’est doublé d’une cacophonie gouvernementale. Une situation qui laisse penser que le retour à la normale n’est pas inscrit dans un papier de l’exécutif, seul maître à décider.
Devant la presse, le ministre de la Communication chargé des médias n’est pas allé par 4 chemins. « Le retour des réseaux sociaux ne dépend pas de l’adoption d’une législation. L’Etat gabonais a agi en toute souveraineté compte tenu du contexte marqué par la circulation des messages de haine », a martelé Germain Biahodjow. Cette divergence de discours révèle l’absence d’une doctrine claire au sein de l’exécutif.
Oligui Nguema seule personne habilitée à remettre les réseaux sociaux au Gabon ?
La sortie du ministre de la Communication a le mérite d’achever la crédibilité de la thèse d’une suspension technique, motivée par la nécessité de « régulariser » un secteur mal encadré. Si tel était réellement l’enjeu, pourquoi Mark Alexandre Doumba continuerait-il d’agiter la nécessité de réguler avant de ramener, quand Germain Biahodjow affirme que la question ne s’y résume pas ? Plus de 7 mois après la décision de la Haute Autorité de la Communication inquiète.
Et pour cause, les Gabonais peinent à comprendre que la présumée fermeté affichée contre « les brebis égarées du net qui brillent par l’injure et la haine ». Derrière ce postulat convaincant jusqu’à l’adoption des textes normatifs, se cache une réalité plus prosaïque. Il s’agit du fait que les auteurs de contenus incriminés sont identifiables, mais c’est l’ensemble de la population, entreprises et étudiants compris, qui continue de payer le prix collectif d’une sanction individuelle.
Le trouble entretenu par ces sorties contradictoires renforce un sentiment déjà répandu. On cerne que la suspension des réseaux sociaux relève moins d’un cadre juridique construit que d’une décision discrétionnaire, réversible au gré d’une volonté unique. Faute de calendrier annoncé, les usagers n’ont d’autre choix que de continuer à s’en remettre aux VPN pour accéder à WhatsApp, YouTube, TikTok ou Facebook. Et ce, en attendant qu’il plaise au Chef de l’État de siffler la fin de la récréation numérique.










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