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Gabon : le Porte-parole d’Oligui Nguema admet utiliser un VPN en « marge de la loi » !

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Invité du « Dafresh Morning » sur Urban FM, Théophane Nzame Nze Biyoghe, conseiller spécial et porte-parole de la présidence de la République, a admis utiliser régulièrement un VPN pour accéder aux réseaux sociaux et à Youtube. Ce dernier a reconnu agir « en marge de la loi », en pleine conscience de contrevenir à la décision de la Haute autorité de la communication (HAC).

Plus de 9 mois après l’annonce de la suspension des réseaux sociaux sur toute l’étendue du territoire national, la donne semble désormais à l’agacement. Pour preuve, hommes politiques, acteurs de la société civile voire homme de lois tels Maître Anges Kevin Nzigou dénonce une mesure inique aux conséquences inestimables pour l’écosystème économique. Mais à cette chaîne d’individus qui appellent à la lucidité, un nouveau protagoniste inattendu. 

Le Porte-parole d’Oligui Nguema à contre-vent d’une mesure d’État ?

C’est un aveu d’autant plus troublant que la mesure avait été annoncée par la HAC le 17 février 2026. Dans les jours qui ont suivi, la présidence de la République elle-même avait organisé une tournée en Europe puis au Gabon pour la justifier et en souligner l’importance pour la stabilité du pays. En ce temps, Théophane Nzame Nze Biyoghe, ancien porte-parole d’Ali Bongo lors de la présidentielle de 2023, était aux premières lignes de défense.

Qu’est-ce qui a bien changé depuis la campagne de justification d’une mesure prise par une autorité administrative indépendante ? Pour l’heure aucune explication n’est donnée. Toujours est-il que questionné par l’animateur Seif Mosley sur son accès libre aux réseaux sociaux, Théophane Nzame Nze Biyoghe a affirmé avoir choisi la voie de la révolte citoyenne. « Oui, [NDLR: Je suis connecté] au moyen des VPN, oui, en marge de la loi, oui », a répondu le Porte-parole de Brice Clotaire Oligui Nguema. Sapristi !

Que fera la HAC face aux autorités publiques transgresseuses ?

Si tant est que, ne pas respecter une mesure administrative opposable à tous, intégre le champ de la désobéissance civile, ce dernier tournerait le dos à la solidarité du régime derrière cette mesure. Sur le plan juridique, la question est de savoir si cette décision s’impose à tous. Or l’égalité devant la loi suppose qu’elle s’applique sans distinction, et plus encore à ceux qui parlent au nom de l’État. Le contournement assumé par un haut responsable de la présidence entame la crédibilité de la mesure.

Reste à savoir ce que fera la HAC. Dispose-t-elle de la capacité, et surtout de la volonté, de sanctionner un conseiller du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema ? Son silence, ou son inaction, serait lui aussi un message. Plus de sept mois après son entrée en vigueur, la suspension apparaît fragilisée. Comment exiger le respect d’une interdiction que l’on admet soi-même transgresser ? Ni la HAC ni la présidence n’ont, à ce stade, apporté de réponse. Nous y reviendrons !

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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