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Gabon : la facture des intérêts de la dette bondirait de 179,7 milliards de FCFA en 2027

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Les charges financières de la dette de l’État gabonais devraient atteindre 667,3 milliards de FCFA en 2027, contre 487,6 milliards dans la projection rectifiée de 2026. Le projet de loi de finances adopté en Conseil des ministres le 18 septembre 2026 prévoit ainsi une augmentation de 179,7 milliards de FCFA, soit près de 36,9 %. Une progression qui contraste avec plusieurs arbitrages budgétaires, notamment la baisse annoncée des dépenses d’investissement financées par les recettes budgétaires.

Dans un budget global projeté à 6 223,1 milliards de FCFA, contre 5 495,2 milliards dans la loi de finances rectificative 2026, le coût financier de la dette occupe ainsi une place significative. Surtout, cette hausse intervient alors que le gouvernement entend simultanément accélérer le Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030, développer les infrastructures et préserver les acquis sociaux. La progression des charges liées à la dette constitue dès lors l’un des paramètres majeurs des marges budgétaires disponibles en 2027.

Près de 37 % d’augmentation en un an

Avec 667,3 milliards de FCFA programmés contre 487,6 milliards en 2026, les charges financières augmenteraient de 179,7 milliards. Il convient de les distinguer de l’amortissement du principal de la dette, qui devrait atteindre séparément 1 879,5 milliards de FCFA et figure parmi les charges de trésorerie et de financement.

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La progression des charges financières apparaît d’autant plus notable qu’elle est sans commune mesure avec celle des dépenses de personnel. Ces dernières passeraient de 958,6 à 963,9 milliards de FCFA, soit seulement 5,3 milliards supplémentaires. Les transferts progresseraient également de 3,8 milliards pour atteindre 431,9 milliards de FCFA.

La dette progresse pendant que l’investissement recule

À l’inverse, les dépenses d’investissement sont projetées à 1 058,4 milliards de FCFA. Le PLF fait état d’une baisse de 110,7 milliards de FCFA concernant les projets financés sur recettes budgétaires par rapport au collectif 2026. Les dépenses de biens et services reculeraient également de 81,9 milliards, pour s’établir à 480,5 milliards de FCFA.

Le rapprochement de ces arbitrages est révélateur des contraintes de l’exercice : tandis que certaines dépenses sont contenues ou réduites, la facture financière de la dette augmente fortement. À elle seule, sa hausse de 179,7 milliards dépasse ainsi la baisse de 110,7 milliards annoncée sur les investissements financés par recettes budgétaires. En 2027, l’enjeu sera donc autant de financer les nouvelles priorités publiques que de préserver des marges de manœuvre face au poids croissant des engagements financiers de l’État

Casimir Mapiya

« Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.» Bernard Pivot Bernard Pivot

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