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Gabon : haro sur la montée des féminicides !

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Le nom de Céleste Anaïs M. A. s’est récemment ajouté à une liste qui s’allonge avec une régularité macabre inquiétante au Gabon. Elle a été retrouvée sans vie dans une habitation du quartier Atsié, à Lambaréné, après une soirée en tête-à-tête avec un jeune homme. En conséquence, cette nouvelle tragédie porte à cinq le nombre de féminicides recensés depuis le début de l’année au Gabon selon la Ligue gabonaise féministe.

Mais derrière ces chiffres, un cri de désespoir continue de porter à travers la toile. Il s’agit de la Ligue gabonaise féministe, qui dénonce une montée en puissance d’une violence systémique que l’on ne peut plus ignorer. En effet, il ne s’agit plus de faits divers isolés. Désormais, c’est un phénomène qui devient tristement légion sur l’ensemble du territoire national. Si les drames passionnels sont souvent invoqués pour masquer la réalité, le schéma reste identique.

Féminicides, doit-on encore se taire ?

Les femmes au Gabon tombent de plus en plus sous les coups ou la préméditation d’hommes de leur entourage. Cette recrudescence est la preuve, s’il en fallait encore, d’une insécurité croissante pour les femmes dans notre pays. Pourtant, l’intérêt porté à cette cause sociale, semble s’être envolée avec l’ancienne Première dame Sylvia Bongo Ondimba. Comment comprendre qu’au sein même de leurs cercles intimes la psychose règne ?

Pour la Ligue gabonaise féministe, l’heure n’est plus à la simple compassion, mais à l’indignation politique. En publiant ce communiqué suite au décès de Céleste Anaïs, l’organisation souligne l’urgence de nommer correctement ces crimes. Un « féminicide » n’est pas un homicide comme les autres. Bien au contraire c’est le meurtre d’une femme parce qu’elle est une femme. Souvent, ce crime est nourri par un sentiment de propriété et de domination.

Face à cette « pandémie de l’ombre » comme il est présenté par les experts juridiques outre-mer, le silence ou la lenteur des autorités publiques compétentes devient une forme de complicité passive. Pour lutter efficacement, le Gabon doit passer des paroles aux actes. Il faut veiller à l’application stricte de la loi n°006/2021 sur l’élimination des violences faites aux femmes. Par ailleurs, la formation spécifique des forces de l’ordre est cruciale pour éviter l’irréparable. Plus d’Anaïs doit être le leitmotiv.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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