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Gabon : Haresse Kengue dresse un bilan critique de la première année de la Ve République

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Dans un extrait publié par l’hebdomadaire La Loupe du 27 avril 2026, Haresse Kengue, femme politique et ancienne candidate aux locales dans le 6e arrondissement de Libreville, livre une analyse critique de la première année de mandat du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Entre restrictions des libertés, difficultés économiques et attentes sociales non comblées, elle évoque un bilan « inachevé ».

Un an après l’installation des institutions de la Ve République, les premières lectures critiques émergent dans l’espace public. Si la transition avait suscité un espoir certain, notamment à travers un activisme infrastructurel visible, certains acteurs politiques appellent désormais à un examen plus rigoureux de l’action gouvernementale.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit la prise de position de Haresse Kengue, relayée par La Loupe, qui propose une lecture sans concession de cette première année. Pour elle, le contraste entre les attentes et les résultats reste particulièrement marqué.

Des libertés publiques sous tension

Sur le plan des libertés, l’ancienne candidate n’élude pas les zones d’ombre. Elle estime que cette première année a été « marquée par des restrictions préoccupantes », pointant notamment la suspension des réseaux sociaux et l’adoption d’une ordonnance qu’elle qualifie de « liberticide ».

Ces décisions, perçues comme des atteintes aux droits fondamentaux, interrogent sur l’équilibre entre sécurité, gouvernance et respect des libertés publiques. Elles alimentent également un débat plus large sur la trajectoire institutionnelle du pays depuis la transition. Pour Haresse Kengue, ces signaux fragilisent la promesse d’un renouveau démocratique pourtant au cœur des attentes populaires.

Des urgences sociales et économiques persistantes

Au-delà des libertés, la situation sociale reste, selon elle, préoccupante. Dans le secteur de la santé, elle souligne que « se soigner reste un luxe pour beaucoup », dénonçant à la fois les coûts élevés et les dysfonctionnements persistants du système de couverture sociale.

Sur le plan économique, le constat se veut tout aussi sévère. « Il y a peu d’avancées notables », affirme-t-elle, évoquant la persistance des délestages d’eau et d’électricité dans le Grand Libreville, ainsi qu’un chômage toujours élevé malgré certaines régularisations administratives. La lutte contre la vie chère, priorité affichée des autorités, peine également à produire des résultats visibles. Pour de nombreux ménages, la pression sur le pouvoir d’achat demeure une réalité quotidienne.

Un sentiment d’inachevé face aux attentes de la transition

Au terme de son analyse, Haresse Kengue résume son appréciation en une formule sans équivoque : « cette première année laisse un goût d’inachevé ». Une conclusion qui reflète un décalage entre les ambitions affichées et les résultats perçus par une partie de l’opinion. Cette lecture critique, relayée par La Loupe, s’inscrit dans un débat plus large sur la capacité des nouvelles autorités à transformer les promesses de la transition en actions concrètes et mesurables.

Alors que le pouvoir exécutif met en avant les chantiers engagés, cette prise de position rappelle que l’exigence de résultats, notamment sur les questions sociales et économiques, reste au cœur des attentes des Gabonais.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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