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Gabon : conflit homme-éléphant, les députés pointent les limites des clôtures électriques

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Malgré l’installation de clôtures électriques destinées à protéger les plantations villageoises, les dégâts causés par les éléphants continuent de préoccuper les populations rurales gabonaises. Lors de l’audition du ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossu Allogo, le samedi 24 octobre 2026, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances 2027, la députée Joséphine Okome Mba, épouse Obiang Ndong, a interpellé le gouvernement sur la persistance de ces incursions. Alors que la gestion du conflit homme-faune est transférée au ministère des Eaux et Forêts, la question de l’efficacité des dispositifs de protection et de l’accompagnement des agriculteurs revient au centre des débats parlementaires.

Au Gabon, la cohabitation entre les populations rurales et les éléphants demeure l’un des défis les plus complexes de la gestion de la faune sauvage. Si les autorités ont engagé plusieurs initiatives pour limiter les incursions de pachydermes dans les plantations, notamment à travers l’installation de clôtures électriques, les difficultés rencontrées par les agriculteurs persistent. C’est cette situation qu’a soulevée la députée Joséphine Okome Mba, épouse Obiang Ndong, devant le ministre des Eaux et Forêts. Son interpellation met en évidence une préoccupation majeure : comment garantir la protection des cultures et des revenus agricoles tout en préservant une espèce emblématique du patrimoine naturel gabonais ?

Des clôtures électriques qui ne mettent pas fin aux dégâts

Selon le compte rendu publié par la presse de l’Assemblée nationale, la parlementaire a attiré l’attention du gouvernement sur la persistance des destructions de plantations villageoises par les éléphants, malgré l’installation de clôtures électriques. Ces dispositifs, destinés à limiter l’accès des animaux aux zones cultivées, ne semblent donc pas apporter une réponse suffisante dans toutes les localités concernées. Une situation qui soulève des interrogations sur leur déploiement, leur entretien et leur adaptation aux réalités du terrain.

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Toutefois, les éléments présentés lors de cette audition ne permettent pas de mesurer précisément l’efficacité de ces installations. Aucun bilan chiffré relatif au nombre de clôtures installées, aux superficies agricoles protégées ou à l’évolution des dégâts n’a été communiqué dans le compte rendu parlementaire. En l’absence de ces données, il serait prématuré de conclure à une inefficacité générale du dispositif. La persistance des incursions justifie néanmoins une évaluation de son fonctionnement et des difficultés rencontrées par les populations bénéficiaires.

Le ministère des Eaux et Forêts désormais en première ligne

L’une des principales évolutions annoncées dans le cadre du projet de loi de finances 2027 concerne le transfert de la gestion du conflit homme-faune au ministère des Eaux et Forêts. Jusqu’alors rattachée au ministère de l’Environnement et du Climat, cette compétence doit désormais être exercée par le département dirigé par Maurice Ntossu Allogo. Cette réorganisation est présentée comme un moyen d’améliorer la coordination des interventions et de renforcer la prise en charge des difficultés rencontrées par les populations rurales.

Cette nouvelle responsabilité intervient alors que le budget de la mission Eaux et Forêts devrait passer de 22,24 milliards de FCFA en 2026 à 40,53 milliards de FCFA en 2027, soit une augmentation de 82,2 %. Si cette progression est principalement soutenue par près de 13,5 milliards de FCFA de financements extérieurs, les informations disponibles ne précisent pas la part qui sera effectivement consacrée à la gestion du conflit homme-faune. La question des moyens financiers, humains et matériels affectés à cette mission reste donc entière.

Indemnisation, entretien et sécurisation des plantations

Au-delà de l’installation de nouvelles clôtures électriques, la prévention des incursions d’éléphants suppose un suivi régulier des équipements existants. Leur efficacité dépend notamment de leur entretien, de la réparation des installations défectueuses et de leur implantation dans les zones les plus exposées. L’identification des couloirs de déplacement des animaux apparaît également comme un élément important pour adapter les dispositifs de protection aux réalités écologiques locales.

La question de l’indemnisation des agriculteurs victimes de destructions de cultures constitue un autre enjeu essentiel. Pour les ménages ruraux dont les plantations représentent une source de revenus et d’approvisionnement alimentaire, les dégâts peuvent avoir des conséquences économiques importantes. Le renforcement des mécanismes d’accompagnement et la clarification des procédures de réparation des préjudices pourraient contribuer à améliorer la réponse publique. Le compte rendu de l’audition ne fournit toutefois aucune indication précise sur les indemnisations déjà accordées ou les montants prévus pour 2027.

Des résultats attendus au-delà des annonces budgétaires

Lors des échanges parlementaires, la possibilité de recourir à des battues, avec l’acquisition d’armes et de munitions, a également été évoquée. Une telle approche ne saurait cependant constituer, à elle seule, une réponse durable au conflit homme-faune. Toute intervention de cette nature doit être encadrée par les autorités compétentes, dans le respect des règles de sécurité et de protection de la faune. L’enjeu demeure de construire une politique combinant prévention, protection des cultures et gestion des interactions entre les populations et les animaux sauvages.

Pour le ministère des Eaux et Forêts, le transfert de cette compétence constitue désormais un test de son efficacité opérationnelle. Au-delà de l’augmentation annoncée de son budget, les résultats devront être appréciés à travers des indicateurs concrets : réduction des dégâts agricoles, entretien des clôtures, rapidité des interventions et amélioration de l’accompagnement des victimes. Car pour les populations rurales confrontées aux incursions d’éléphants, la réussite de cette réorganisation ne se mesurera pas au montant des crédits inscrits dans la loi de finances, mais à la capacité des pouvoirs publics à protéger effectivement leurs plantations et leurs moyens de subsistance.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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