Gabon : Ali Akbar Onanga Y’Obegue appelle à reporter le congrès du PDG pour réunifier le parti
À quelques semaines du 13e congrès ordinaire du Parti démocratique gabonais (PDG), annoncé du 27 au 29 novembre 2026, Ali Akbar Onanga Y’Obegue, qui revendique la fonction de secrétaire général du parti dans la direction fidèle à Ali Bongo Ondimba, appelle à une préparation concertée de ces assises. Dans une lettre ouverte adressée aux militants en octobre 2026, il conteste le calendrier fixé unilatéralement par la direction conduite par Blaise Louembe et plaide pour un congrès de réunification. Une initiative qui traduit la persistance des divisions internes de l’ancien parti au pouvoir, mais aussi une volonté affichée de renouer le dialogue entre ses différentes sensibilités.
Le Parti démocratique gabonais parviendra-t-il à surmonter ses divisions avant son prochain congrès ? C’est tout l’enjeu de la lettre publiée par Ali Akbar Onanga Y’Obegue, dans laquelle l’ancien ministre propose une méthode de sortie de crise fondée sur la reconnaissance mutuelle des différentes directions, la négociation des modalités d’organisation des assises et le respect des décisions des militants. Tout en réaffirmant sa fidélité à Ali Bongo Ondimba, dont il défend la légitimité statutaire à la tête du PDG, il reconnaît désormais l’existence d’une direction concurrente avec laquelle il estime indispensable de discuter.
Un calendrier de congrès jugé incompatible avec la réunification
Dans sa lettre, Ali Akbar Onanga Y’Obegue estime qu’un congrès organisé par une seule sensibilité ne permettrait pas de résoudre la crise qui traverse le PDG depuis 2024. Il considère que la tenue d’assises sans accord préalable sur les règles de participation risquerait de prolonger les contestations internes, indépendamment des décisions qui pourraient y être adoptées.
« Un congrès peut remplir une salle sans réunifier un parti », prévient-il, avant de remettre en question la démarche engagée par la direction actuellement aux commandes de l’organisation. Selon lui, « l’annonce d’un calendrier unilatéral d’un congrès par la direction de fait ne peut constituer une réponse satisfaisante à l’appel au dialogue et au rassemblement ». Sans formuler explicitement une demande de report à une date déterminée, il invite à revoir le calendrier afin de permettre une préparation commune.
Une ouverture envers la direction de Blaise Louembe
L’une des évolutions les plus significatives de cette prise de position concerne le vocabulaire employé pour désigner les responsables qui administrent actuellement le parti. Ali Akbar Onanga Y’Obegue reconnaît avoir précédemment utilisé le terme « usurpateurs », avant de se rallier à l’expression « direction de fait », employée par Ali Bongo Ondimba. Ce changement traduit une volonté de reconnaître l’existence politique de ses interlocuteurs sans pour autant leur accorder la légitimité statutaire qu’il revendique pour son propre camp.
Il maintient néanmoins qu’Ali Bongo Ondimba demeure, selon son interprétation des textes du parti, son président statutaire. Pour sortir de cette opposition, il propose une démarche de reconnaissance réciproque. « Reconnaître un interlocuteur ne signifie pas approuver tous ses actes. Accepter de discuter ne signifie pas abandonner ses convictions », souligne-t-il. L’objectif affiché est de parvenir à une direction unique, issue d’un congrès dont les modalités seraient acceptées par toutes les sensibilités.
Soutien à Oligui Nguema ou opposition : laisser les militants décider
Au-delà des questions de personnes et de légitimité, la lettre aborde une divergence politique majeure : le positionnement du PDG vis-à-vis du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Alors que certains responsables privilégient le soutien au pouvoir, d’autres défendent une orientation d’opposition. Ali Akbar Onanga Y’Obegue considère que cette différence ne devrait pas empêcher les militants de se retrouver dans une même organisation.
Il propose que le choix de la ligne politique soit tranché démocratiquement lors d’un congrès réunifié, après un débat contradictoire entre les différentes sensibilités. Il s’engage même à respecter une orientation qui ne correspondrait pas à ses convictions personnelles, à condition que la décision résulte d’un processus régulier et équitable. Cette position revient à faire de la réunification un préalable à la définition du rapport du PDG au pouvoir actuel.
Un appel au dialogue avant les assises de novembre
Pour rendre cette réunification possible, Ali Akbar Onanga Y’Obegue suggère l’ouverture de discussions entre les différentes directions, la mise en place d’une équipe commune de préparation et la définition concertée des règles de désignation des délégués, des candidatures et du vote. Il rejoint également l’appel au dialogue formulé par l’ancien Premier ministre Julien Nkoghe Bekale, dont il salue la volonté de maintenir une main tendue sans humiliation.
Reste à savoir si la direction conduite par Blaise Louembe acceptera de revoir le calendrier déjà annoncé pour le congrès des 27, 28 et 29 novembre 2026. La lettre ne fait état d’aucun accord entre les parties ni d’une négociation officiellement engagée. Pour l’ancien parti au pouvoir, le défi dépasse désormais la seule organisation de ses prochaines assises : il s’agit de déterminer si des responsables qui contestent mutuellement leur légitimité peuvent convenir de règles communes pour reconstruire une formation politique profondément divisée depuis la perte du pouvoir en août 2023.









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