Gabon : avec plus de 77 % de pauvreté, la Nyanga interpelle les politiques publiques
Le Rapport national sur le développement humain (RNDH 2026) révèle un chiffre qui contraste avec l’image d’un Gabon classé parmi les pays à développement humain élevé. Dans la Nyanga, plus de 77 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Une réalité qui met en lumière les profondes disparités territoriales et relance le débat sur l’efficacité des politiques de développement dans les provinces.
Au détour d’une page du Rapport national sur le développement humain (RNDH 2026), un chiffre s’impose avec une force particulière : plus de 77 % des habitants de la Nyanga vivent dans la pauvreté. Une donnée qui fait de cette province la plus touchée du pays, alors même que le Gabon demeure le premier État d’Afrique centrale classé dans la catégorie des pays à développement humain élevé.
À elle seule, cette statistique résume le paradoxe gabonais : un pays aux indicateurs macroéconomiques relativement favorables, mais dont certaines provinces continuent d’accumuler les retards en matière de développement humain.
Une province à l’écart de la dynamique économique
Le contraste est saisissant. À l’échelle nationale, le RNDH rappelle que 33,4 % des Gabonais vivent sous le seuil de pauvreté, dont 8,2 % en situation d’extrême pauvreté. Dans la Nyanga, ce taux dépasse les trois quarts de la population.
Autrement dit, près de huit habitants sur dix peinent à satisfaire leurs besoins essentiels. Ce constat n’est pas isolé. Le rapport décrit également une économie fortement concentrée autour de l’Estuaire, où se trouvent la majorité des entreprises, des emplois qualifiés, des infrastructures et des services publics spécialisés. À l’inverse, les provinces de l’intérieur, dont la Nyanga, continuent de subir les effets d’un exode rural qui prive les territoires de leurs forces vives tout en accentuant les déséquilibres régionaux.
Un potentiel reconnu, mais encore peu exploité
Paradoxalement, le même rapport identifie la Nyanga comme l’un des futurs pôles de croissance du Gabon. Agriculture, élevage, pêche, tourisme : les potentialités économiques de la province sont clairement identifiées. Pourtant, le document souligne également une pénurie de compétences locales et la nécessité de développer des formations adaptées aux besoins des bassins de production.
Le RNDH recommande ainsi de territorialiser davantage les politiques publiques, de renforcer les capacités des collectivités locales et de rapprocher les dispositifs d’emploi, de formation et d’investissement des réalités des provinces.
L’urgence de réduire les fractures territoriales
Au-delà des statistiques, le chiffre de 77 % interpelle sur la capacité des politiques publiques à corriger les inégalités territoriales. La lutte contre la pauvreté ne peut plus être abordée uniquement à travers des moyennes nationales. Elle suppose désormais des réponses différenciées, ciblées sur les territoires les plus fragiles.
Pour la Nyanga, l’enjeu dépasse le simple développement économique. Il s’agit de garantir un accès plus équitable à l’emploi, aux infrastructures, aux services publics, à la formation et aux opportunités d’investissement. Car si le Gabon ambitionne de bâtir un développement plus inclusif, les écarts révélés par le RNDH 2026 rappellent qu’une croissance durable ne pourra être pleinement atteinte tant que certaines provinces continueront d’accumuler des niveaux de pauvreté aussi élevés.









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