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Gabon : vers la mise en place d’une première usine de marbre

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Longtemps dépendant de l’exportation de ses ressources à l’état brut, le pays accélère sa stratégie de transformation locale. Au cœur de cette dynamique, la province de la Nyanga s’apprête à accueillir la toute première usine de transformation de marbre du pays. Comme le souligne le journal économique EcoMatin, ce projet d’envergure nationale marque une rupture majeure avec le modèle économique extractif traditionnel.

C’est précisément à Doussiéguoussou que bat le cœur de ce renouveau industriel. Ce site, dont l’exploitation initiale remonte aux années 1960, était plongé dans une léthargie totale depuis plus de deux décennies. L’arrêt des activités avait non seulement privé la région d’une source précieuse de revenus, mais avait également accentué l’exode des populations locales.

Sous l’impulsion des autorités des nouvelles autorités en tete desquelles le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, le chantier a été relancé de manière spectaculaire. S’étendant sur un complexe moderne de plus de 4,5 kilomètres carrés, l’infrastructure sort de terre à grands pas. Les fondations sont désormais prêtes à recevoir l’ossature métallique des futures unités de production.

Du brut au produit fini : une chaîne de valeur intégrée

L’originalité et la force de ce projet résident dans sa capacité à traiter la ressource de bout en bout. L’époque où les blocs de marbre gabonais quittaient le territoire sans valeur ajoutée semble bel et bien révolue. L’usine abritera une chaîne de fabrication complète, capable de façonner une large gamme de produits finis.

Des carreaux de haute qualité aux revêtements architecturaux, en passant par les pierres tombales, les équipements sanitaires et même les poteaux, la production locale ambitionne de satisfaire une demande intérieure en pleine expansion. Ce marbre, qui a historiquement servi à l’embellissement de structures emblématiques comme le Palais Rénovation, redevient ainsi un symbole de fierté nationale.

Un levier économique pour la Nyanga et l’emploi local

Au-delà de l’infrastructure lourde, l’impact social s’annonce déterminant pour cette région du sud-ouest gabonais. Les projections indiquent que l’activité générera plus de 300 emplois directs dès sa phase opérationnelle, sans compter l’écosystème de sous-traitance qui se développera en périphérie.

Pour les analystes d’EcoMatin, cette initiative s’inscrit pleinement dans la politique de diversification économique du Gabon, déterminée à réduire sa dépendance aux fluctuations des cours du pétrole. En misant sur le contenu local et la valorisation industrielle de son sous-sol, Libreville pose les bases d’un hub minier moderne, transformant son potentiel minéral en un moteur durable de croissance et de souveraineté économique.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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