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Gabon : près de 200 milliards de FCFA réclamés par Bosch Capital, une dette héritée qui embarrasse l’État

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Une créance remontant à des engagements pris sous les précédents régimes pourrait-elle aujourd’hui coûter près de 200 milliards de FCFA au Gabon ? C’est l’alerte lancée par Geoffroy Foumboula Libeka Makosso. Selon l’acteur civique, Bosch Capital réclamerait aux autorités gabonaises environ 330 millions de dollars, sur fond de contentieux lié à des prestations militaires associées au groupe sud-africain Paramount. Une dette dont les autorités actuelles contesteraient cependant le fondement et la régularité, selon le récit présenté par l’ancien député de la Transition.

C’est un dossier hérité du passé qui, selon Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, pourrait désormais placer le gouvernement face à un arbitrage financier particulièrement sensible. L’acteur civique affirme que Bosch Capital aurait fixé au 3 septembre 2026 une échéance pour le règlement d’environ 330 millions de dollars, soit près de 200 milliards de FCFA. Une somme considérable que les autorités gabonaises ne seraient toutefois pas disposées à acquitter sans examiner préalablement la validité des engagements dont elle découle.

Une créance dont l’origine remonte aux années 2000

Selon la chronologie présentée par Geoffroy Foumboula, les origines du dossier remontent à 2006-2007, période durant laquelle le Gabon aurait acquis plusieurs avions de combat Mirage F1AZ ayant précédemment appartenu à l’armée sud-africaine. Le dossier aurait ensuite connu un nouveau développement en 2014 avec la conclusion d’un contrat entre l’État gabonais et le groupe sud-africain Paramount portant sur des prestations d’entretien et de soutien d’équipements militaires.

Des factures seraient demeurées impayées et le différend aurait finalement été porté, à partir de 2020, sur le terrain de l’arbitrage international à Londres. C’est donc un passif constitué sous les précédentes administrations qui se retrouve aujourd’hui devant les autorités de la Ve République, avec des implications financières potentiellement lourdes pour les comptes publics.

Bosch Capital aurait, selon Geoffroy Foumboula, acquis en 2025 les droits attachés à cette créance avant de réclamer son règlement au Gabon. L’acteur civique indique cependant que les autorités gabonaises contestent notamment la régularité du contrat de 2014 et, par conséquent, les prétentions financières qui en découleraient.

Payer, négocier ou poursuivre la contestation ?

C’est précisément là que se situe le cœur du problème. Pour Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, il ne saurait être question pour le gouvernement actuel de décaisser une somme avoisinant 200 milliards de FCFA sans avoir préalablement établi la régularité et le fondement de la dette réclamée. « En gros, les autorités actuelles font comprendre qu’elles ne peuvent payer sans comprendre une ardoise de près de 200 milliards », résume-t-il.

Selon son exposé, Bosch Capital aurait parallèlement évoqué la possibilité de saisir ou d’alerter des acteurs du système financier international, notamment les agences de notation, les banques et les marchés financiers, si aucune solution n’était trouvée avant l’échéance annoncée du 3 septembre. Une perspective qui pourrait déplacer le contentieux du seul terrain juridique vers celui de la réputation financière du Gabon.

Le gouvernement se retrouverait ainsi, selon cette lecture, devant plusieurs options : négocier un règlement, maintenir sa contestation de la créance ou laisser les différentes procédures suivre leur cours. Dans tous les cas, l’importance du montant impose que soient clairement établis l’origine de la dette, les prestations effectivement exécutées, les paiements déjà réalisés, les intérêts éventuellement accumulés et les conditions dans lesquelles les droits sur la créance ont été transférés.

Un dossier qui pose la question des passifs hérités

Au-delà de Bosch Capital, cette affaire remet surtout en lumière une problématique récurrente des finances publiques : la responsabilité de l’État face aux engagements contractés par les gouvernements précédents. L’alternance politique ou institutionnelle n’efface pas mécaniquement les obligations juridiquement valides de l’État. Mais leur paiement suppose, a fortiori lorsque plusieurs centaines de millions de dollars sont réclamés, que leur existence, leur exigibilité et leur montant puissent être établis.

À ce stade, les éléments présentés par Geoffroy Foumboula Libeka Makosso constituent sa lecture publique du dossier et ne permettent pas, à eux seuls, d’établir définitivement la validité de la créance de Bosch Capital ou celle des contestations gabonaises.

Pour le Gabon, l’enjeu dépasse donc le choix entre payer ou refuser de payer. Il s’agit d’abord de savoir précisément pour quelles prestations, sur quelle base contractuelle et selon quel calcul près de 200 milliards de FCFA seraient aujourd’hui réclamés à l’État. Avant de solder une dette héritée du passé, la transparence sur sa formation apparaît comme la première exigence du présent.

Casimir Mapiya

« Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.» Bernard Pivot Bernard Pivot

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