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Gabon : deux présumés trafiquants d’ivoire pris au piège à Libreville

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Le 31 juillet 2026, au cœur de la capitale gabonaise, une opération conjointe orchestrée par les agents de l’administration des Eaux et Forêts et les forces de la Police Judiciaire, soutenus techniquement par l’ONG Conservation Justice, a permis de mettre la main sur deux individus de nationalité gabonaise. Pris en flagrant délit dans un quartier de la place, les deux suspects s’apprêtaient à vendre illégalement quatre pointes d’ivoire ainsi qu’une queue d’éléphant, des trophées prélevés sur une espèce pourtant intégralement protégée par la législation nationale.

Si cette arrestation réjouit les défenseurs de la biodiversité, elle met également en exergue les lacunes de surveillance sur le territoire national. En effet, ces trophées parviennent trop souvent à traverser plusieurs provinces en échappant à la vigilance des postes de contrôle, avant d’atterrir dans les grands centres urbains pour y être écoulés.

Une opportunité saisie par les réseaux criminels qui n’hésitent plus à instrumentaliser les tensions sociales pour masquer leurs activités délictueuses. Comme le souligne Luc Mathot, directeur de l’ONG Conservation Justice : « Sous couvert du conflit homme-éléphant, qui constitue une problématique majeure au Gabon, certains braconniers et trafiquants organisent l’abattage d’éléphants et la commercialisation de leur ivoire. C’est manifestement le cas ici, sachant que l’un des suspects aurait abattu au moins six éléphants et tenté de tromper l’administration des Eaux et Forêts. »

Des peines exemplaires encourues

Placés en garde à vue en attendant d’être présentés devant un magistrat pour connaître leur sort, les deux présumés trafiquants s’exposent à des sanctions particulièrement dissuasives. La réglementation gabonaise se montre en effet intransigeante face aux atteintes à la faune sauvage. Conformément aux articles 390 et 398 du Code pénal, la détention, le transport ou la commercialisation d’espèces protégées peuvent être punis de peines allant jusqu’à dix ans d’emprisonnement ferme, assorties d’une amende représentant jusqu’au quintuple de la valeur marchande des produits saisis.

Cette nouvelle affaire rappelle l’urgence de renforcer les contrôles interprovinciaux tout en maintenant la pression sur les réseaux de braconnage. Alors que le Gabon abrite l’une des plus importantes populations d’éléphants de forêt d’Afrique, la fermeté de la justice demeure le principal rempart pour préserver cet héritage naturel inestimable face à la cupidité des trafiquants.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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