Gabon : ACK veut faire de l’ex-Colas un hub industriel ouvert aux entreprises locales
À la faveur du rachat des 90 % de parts de Colas Gabon détenues par Colas International, la holding ACK affiche une ambition claire : transformer l’entreprise en un hub industriel au service du tissu économique local. Cette réorientation stratégique viserait à valoriser les capacités existantes tout en ouvrant l’accès aux PME gabonaises, notamment dans les secteurs du BTP et des mines.
Le rachat en cours de Colas Gabon par la holding ACK ne se limiterait pas à une simple opération capitalistique. Derrière cette acquisition, se dessine une vision industrielle plus large, articulée autour de la valorisation des infrastructures existantes et de leur mise à disposition d’un écosystème économique élargi. En conservant les actifs, les équipements et les compétences de l’entreprise, ACK entend repositionner l’ex-filiale du groupe français comme un acteur structurant de la production industrielle locale.
Une infrastructure industrielle appelée à servir l’économie locale
En reprenant les 90 % des parts de Colas International, ACK récupère un ensemble d’actifs stratégiques comprenant notamment des carrières, des centrales d’enrobé et des unités de production de béton prêt à l’emploi. Ces outils, historiquement dédiés aux grands projets, pourraient désormais être mobilisés dans une logique d’ouverture au marché local. L’objectif affiché serait de permettre à des entreprises gabonaises, y compris de taille modeste, d’accéder à des intrants essentiels jusque-là peu accessibles.
« L’entreprise pourra vendre à des PME gabonaises qui veulent faire du bitume ou des travaux », indique une source proche du dossier. Cette orientation marque une rupture avec un modèle perçu comme plus fermé, en offrant la possibilité à des acteurs locaux de s’approvisionner en matériaux et services techniques à des conditions structurées.
Une stratégie d’intégration au service de la compétitivité
Au-delà de l’ouverture aux PME, cette transformation s’inscrit dans une logique d’intégration verticale. En centralisant la production de granulats, d’enrobés ou encore de matériaux de construction, ACK chercherait à optimiser les coûts et à renforcer la compétitivité de ses différentes filiales. « Ce que nous achetions ailleurs pourra désormais être produit en interne », confie une source interne, soulignant les gains potentiels en efficacité opérationnelle.
Par ailleurs, l’entreprise devrait également développer des prestations de services à destination des opérateurs miniers et des entreprises du BTP. Cela inclurait la mise à disposition de personnel qualifié, la location d’équipements ou encore l’accompagnement technique sur des chantiers en régie. Une offre qui répond à une demande croissante dans des zones d’exploitation comme l’Ogooué-Ivindo, où plusieurs projets structurants sont en cours.
Un levier potentiel pour dynamiser le tissu économique gabonais
Cette nouvelle orientation pourrait constituer un levier important pour le développement du tissu économique national. En facilitant l’accès aux ressources industrielles, ACK contribuerait à réduire certaines barrières à l’entrée pour les PME gabonaises, souvent confrontées à des contraintes d’approvisionnement et de financement. L’enjeu serait ainsi de créer un effet d’entraînement, en stimulant la participation locale dans les projets d’infrastructures et d’exploitation.
Toutefois, la concrétisation de cette ambition dépendra de la finalisation effective de la transaction, actuellement en cours. Le transfert des fonds vers le vendeur basé en Europe constitue une étape décisive avant la cession définitive des titres. Une fois cette phase achevée, la nouvelle entité pourra entamer sa transformation et poser les bases d’un modèle industriel potentiellement plus inclusif et ancré dans les réalités économiques gabonaises.









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