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Moabi : l’arrêt des travaux de la passerelle de Migamba expose les populations à des risques de noyade

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À Moabi, dans la province de la Ngounié, l’interruption des travaux de la passerelle sur la rivière Migamba suscite une vive inquiétude. Alors que ce projet figurait parmi les chantiers engagés par le CTRI, les populations dénoncent une situation dangereuse qui les contraint à des traversées à haut risque, notamment en période de crue.

Dans le sud-ouest du Gabon, la question des infrastructures de base continue de révéler des fragilités persistantes. À Moabi, chef-lieu du département de la Douigny, l’inachèvement de la passerelle sur la rivière Migamba met en lumière les limites dans le suivi de certains projets pourtant jugés prioritaires pour les populations locales. Alors que d’autres ouvrages similaires ont été réalisés dans la zone, notamment entre Moutoumba et Moudiba ou encore entre Moudiba et Bakenga, le chantier de Migamba demeure à l’arrêt, laissant les habitants dans une situation de précarité préoccupante.

Une traversée quotidienne au péril de la vie

Sur le terrain, les conséquences de cet arrêt sont immédiates et visibles. Privées d’une infrastructure sécurisée, les populations sont contraintes d’emprunter deux barres de fer rudimentaires pour traverser la rivière, un dispositif improvisé qui ne garantit aucune sécurité. Cette situation devient particulièrement critique en période de crue, lorsque le débit de la rivière augmente et rend la traversée encore plus périlleuse. Les agriculteurs, qui doivent rejoindre leurs champs de l’autre côté du cours d’eau, figurent parmi les plus exposés à ces risques. « C’est un cri d’alerte que nous lançons chaque jour aux autorités. Certaines personnes échouent lors de la traversée et ne doivent leur salut qu’aux branchages », témoigne une habitante, traduisant le désarroi d’une population confrontée à un danger permanent.

L’inachèvement de cette passerelle soulève des interrogations sur la gestion et le suivi des projets d’infrastructures engagés dans le cadre de la transition. Inscrit parmi les initiatives du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), ce chantier devait répondre à un besoin essentiel de mobilité et de sécurité. Son arrêt prolongé contraste avec la finalisation d’autres passerelles dans la même localité, alimentant un sentiment d’incompréhension chez les riverains. Pour ces derniers, il ne s’agit pas seulement d’un retard administratif, mais d’une question de sécurité publique. Au-delà du cas de Moabi, cette situation illustre les défis structurels liés à l’exécution des projets d’infrastructures en milieu rural, où l’accès aux services de base reste fortement dépendant de la continuité des investissements publics.

Une urgence sociale et sécuritaire

Face à la persistance des risques, les populations appellent à une reprise immédiate des travaux afin de mettre fin à une situation jugée intenable. L’achèvement de la passerelle apparaît désormais comme une urgence, tant pour la sécurité des habitants que pour la continuité des activités économiques locales.

Dans un contexte où les autorités affichent leur volonté d’améliorer les conditions de vie en zones rurales, la relance de ce chantier constituerait un signal fort. Elle traduirait surtout la capacité de l’action publique à répondre concrètement aux besoins les plus élémentaires des populations. À Moabi, l’attente se prolonge, mais l’urgence, elle, ne cesse de grandir.

Karl Makemba

Engagé et passionné, Karl Makemba met son expertise et sa plume au service d’une information rigoureuse et indépendante. Fidèle à la mission de Gabon Media Time, il contribue à éclairer l’actualité gabonaise avec une analyse approfondie et un regard critique. "La liberté d'expression est la pierre angulaire de toute société libre." – Kofi Annan

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