A La UneDerniers articlesSOCIETE

Gabon : 900 000 alertes de hacking en 2 mois, le VPN est-il étranger à cela ?

Ecouter l'article

Alors que le gouvernement gabonais fait état de plus de 900 000 alertes d’intrusion enregistrées en deux mois sur les systèmes numériques du pays, la question du lien entre cette flambée et l’explosion de l’usage des VPN, consécutive à la suspension des réseaux sociaux, s’impose désormais dans le débat public. À ce propos, Gabon Media Time a pris l’initiative d’interroger un expert du secteur pour disséquer ce risque permanent et qui va crescendo.

Réunis en urgence le lundi 7 septembre 2026, les autorités publiques, par la voix du vice-président du gouvernement Hermann Immongault et du ministre de l’Économie numérique Mark-Alexandre Doumba, ont sonné l’alerte face à ce qu’ils qualifient de menace « critique ». Deux attaques récentes, contre la SEEG et le Conseil Gabonais des Chargeurs, ont servi d’illustration à ce constat. Mais les cas de ce type serait légion et commenceraient à inquiéter plus d’un.

Le VPN un ami qui vous expose aux maux ?

Depuis la suspension des réseaux sociaux ordonnée le 17 février par la Haute Autorité de la Communication (HAC), l’usage des VPN a littéralement explosé. D’ailleurs, Netblocks faisait état d’une hausse évaluée à +25 000 % en très peu de temps. Une ruée massive vers des logiciels de contournement, souvent gratuits, pour continuer d’accéder à WhatsApp, Facebook ou TikTok voire Youtube. Des plateformes dont l’accès est interdit jusqu’à nouvel ordre.

middle ban bien plus que du sport

Interrogé sur un éventuel lien de cause à effet, le consultant en sécurité numérique Didier Simba estime que la question mérite une étude approfondie. Mais à ce stade des constatations, il livre sa propre analyse avec un brin de conviction basée sur l’expérience du secteur. « Je suis tenté de répondre par oui, pour la simple et bonne raison que dans la cybersécurité, il y a une règle qui dit que tout ce qui est gratuit, sachez que c’est vous le produit. », a-t-il indiqué.

Selon l’expert, les VPN gratuits massivement téléchargés livrent en réalité des données personnelles ou des accès à des systèmes professionnels, notamment via les équipements personnels que de nombreux collaborateurs continuent d’utiliser au bureau. Une pratique qui exposerait directement les réseaux d’entreprise aux vulnérabilités contractées à l’extérieur. Cette lecture rejoint celle de Qemal Affagnon, de l’ONG Internet Sans Frontières.

Revenir à la normale, une piste à explorer sérieusement

Dans une de ses tribunes devenues virales, ce dernier soulignait que « les VPN gratuits ne protègent ni contre le piratage ni contre les malwares, en dépit de leur popularité soudaine ». Toutefois, le phénomène VPN gratuit ne saurait constituer l’unique explication. D’ailleurs, l’ANINF elle-même reconnaît qu’une alerte ne signifie pas une intrusion réussie, tandis que des sources évoquent un défaut de renouvellement des licences de sécurité au sein même de l’agence.

Le Gabon, classé « en évolution » dans l’Indice mondial de cybersécurité de l’UIT, affiche par ailleurs un net retard sur ses mesures techniques. Difficile dès lors de comprendre cette mesure de suspension des réseaux qui va à contre-courant de la politique voulue par les dirigeants qui veulent faire du numérique un secteur porteur et pourvoyeur d’emplois. Cette mesure prise au nom de la souveraineté numérique aura,dans les faits en tout cas, exposé notre pays aux cybermenaces.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

Ce message d’erreur est visible uniquement pour les administrateurs/administratrices de WordPress.

Erreur 403 : The request cannot be completed because you have exceeded your quota..

Domain code: youtube.quota
Reason code: quotaExceeded

Erreur : aucune vidéo n’a été trouvée.

Assurez-vous qu’il s’agit d’un identifiant de chaine valide et que la chaine a des vidéos disponibles sur youtube.com.

Bouton retour en haut de la page