France : couvre-feux partiels décrétés dans plusieurs villes après la chienlit du week-end
En France, le gouvernement a annoncé, ce lundi 19 octobre, l’instauration de couvre-feux partiels dans plusieurs villes du pays, après un week-end marqué par des violences, des affrontements et des pillages en marge des manifestations contre la vie chère et les conditions d’apprentissage des élèves et étudiants. À Paris, Lille, Lyon et Nice, les autorités ont décidé de renforcer les restrictions pour prévenir de nouveaux débordements et protéger les commerces ainsi que les bâtiments publics. À Paris, la place de la République et le quartier des Halles sont concernés par une interdiction de présence entre 23 heures et 6 heures. Des mesures spécifiques visant les mineurs ont également été annoncées dans plusieurs communes du Nord.
À l’issue d’une réunion interministérielle de crise, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu une réponse sécuritaire ciblée, en estimant que les violences demeuraient concentrées dans certains secteurs urbains. Il a demandé aux préfets d’adapter les restrictions aux réalités locales, tout en excluant, pour l’heure, une généralisation du couvre-feu. Le chef du gouvernement français a également annoncé des mesures de soutien aux commerçants touchés, notamment le recours au chômage partiel intégral dès ce 20 octobre. Selon l’exécutif, environ 3 000 commerces auraient subi des dégradations ou des pillages, souligne Le Monde.
Une réponse gouvernementale vivement contestée
L’annonce des couvre-feux a immédiatement ravivé les tensions politiques. À droite, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a dénoncé une réponse insuffisante de l’exécutif et accusé Emmanuel Macron de renvoyer la responsabilité aux préfets, qualifiant cette attitude de « terrible aveu d’impuissance ». Les Républicains, par la voix de Bruno Retailleau, réclamaient également des mesures plus fermes, notamment l’instauration de l’état d’urgence. À gauche, Marine Tondelier, dirigeante des Écologistes, a mis en garde contre les conséquences de mesures exceptionnelles, demandant au gouvernement de rendre des comptes sur ses choix opérationnels.
La crise intervient à quelques mois de l’élection présidentielle, alors que de nouvelles mobilisations sont annoncées. Emmanuel Macron a refusé la démission du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, tout en lui demandant de revoir les méthodes de maintien de l’ordre. Le gouvernement promet de renforcer les effectifs policiers et de gendarmerie et d’apporter une réponse judiciaire ferme aux auteurs des violences. Reste à savoir si ces mesures permettront de rétablir le calme sans aggraver les tensions sociales.










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